Le trou de la couche d'ozone s'agrandit
Cancer de la peau
L'humanité court à sa perte
Le Canada est l'un des plus grands producteurs
de déchets au monde




Le trou de la couche
D'OZONE S'AGRANDIT

Le Journal de MONTRÉAL
samedi 26 octobre 1996, p.6

WASHINGTON (AFP) - Le trou de la couche d'ozone a atteint cette année une taille moyenne proche du record de 1993, soit une surface égale au continent nord-américain, a annoncé hier l'agence spatiale américaine NASA.

Les observations réalisées par les scientifiques de la NASA à l'aide de satellites indiquent par contre que la quantité d'ozone était plus importante qu'en 1994, année où son niveau avait atteint son minimum.

La taille moyenne du trou, précise la NASA, a été de 21,58 millions de km2, à peu près comme il y a quatre ans. En 1993, année record, il avait atteint 22,1 millions de km2.

Depuis les années 1980, la zone couverte par une couche d'ozone raréfiée s'agrandit au début d'août et le trou disparaît en décembre.



Cancer de la peau
UNE HAUSSE DE 600%

Les cas de cancer de la peau sont en progression constante au Québec depuis dix ans. Chaque année, l'Association des dermatologistes enregistre une croissance de 15 %.

Le Journal de MONTRÉAL
samedi 22 juin 1996, p.2

Diane Tremblay

Depuis 20 ans, note le président de l'Association, le Dr Pierre Ricard, les cas de cancer de la peau ont connu une augmentation de 600%. Le mélanome qui affecte la santé de l'ex-premier ministre du Québec, M. Robert Bourassa, est l'un des trois types de cancer les plus souvent rencontrés par les spécialistes et dont la relation cause à effet avec le soleil a clairement été établie.

" Dans 99% des cas, la maladie peut être guérie si elle est pris au tout début, à l'intérieur d'un délai d'un à trois mois ", a-t-il dit.

Selon lui, 95% des mélanomes sont causés par le soleil et plus particulièrement par un coup de soleil attrapé à l'enfance. Les premiers symptômes de la maladie peuvent prendre de 15 à 20 ans avant de se manifester.

Il faut en moyenne attendre cinq ans avant d'espérer de parler de rémission complète. Les personnes chez qui les médecins décèlent un cancer de la peau ont 20% de chances, d'après les statistiques, de succomber à la maladie au cours de la première année.

" Si j'avais eu un mélanome, je resterait inquiet. Il peut toujours y avoir des cellules discrètes à quelque part. C'est pourquoi on revoit régulièrement nos patients ", a ajouté le Dr Ricard.

Au Centre de dermatologie du Québec métropolitain, à Sainte-Foy, le Dr Joël Claveau, constate que la maladie touche de plus en plus les jeunes.

" Dans la majorité des cas, nous pouvons les prendre à temps. 75% à 80% des patients n'ont pas de récidive. Plus le mélanome est détecté tôt meilleures sont les chances de guérisons ", a affirmé le Dr Claveau qui pose souvent des diagnostics de ce genre.

Le Dr Claveau rappelle l'ABCD qui peut servir à sauver des vies.

" L'asymétrie, la bordure, la couleur et le diamètre d'un grain de beauté qui change, qui devient plus gros que 6 mm, c'est un signal d'alarme ".

La meilleure façon d'éviter les complications réside dans la protection aux rayons du soleil.



L'HUMANITÉ COURT À SA PERTE

Le phénomène de l'extinction de la vie s'accroît, constate un rapport de l'ONU.

Washington (PC)
La Tribune, 20 avril 96

L'humanité court à sa perte et à un rythme plus rapide que les prévision les plus pessimistes, selon un rapport des Nations unies rendu public hier. Le phénomène de l'extinction de la vie sur la planète connaîtrait des proportions d'un niveau jamais atteint par le passé.

Selon les auteurs du rapport, la qualité générale de l'environnement sur Terre se détériore de toutes les façons imaginables: l'eau que l'on boit, l'air que l'on respire, les forêts et océans qui abritent différentes formes de vie, tout est menacé.

La directrice du programme environnemental de l'Onu, Elizabeth Dowdeswell, estime qu'il y a entre 150 et 200 espèces qui périssent toutes les 24 heures.

Il s'agit là, dit-elle, d'une extinction massive due aux moyens de production privilégiés par les humains et à la société de consommation.

Le choix des êtres humains ne sont pas compatibles avec le développement durable des ressources, dit-elle.

L'étendue des pertes encourues est telle que la survie même de l'humanité est en jeu, de l'avis de Mme Dowdeswell.

"Nous savons que la pollution que nous rejetons dans l'air et dans l'eau affecte les insectes, les oiseaux et les animaux en général. Est-ce que les êtres humains peuvent vraiment être épargnés?", a dit Mme Dowdeswell.

Le rapport de l'Onu est publié juste avant la journée de la Terre, lundi, et peu après l'ajout de 16 nouvelles espèces à la liste des formes de vie en danger au Canada.

Il y a envriron 280 espèces - plantes et animaux - en danger au pays.

Environ 12 pour cent des espèces mammifères sur la planète et 11 pour cent des espèces d'oiseaux sont menacées de disparition.

"Plus de 60 pour cent des médicaments est en fait extrait des plantes. Des remèdes sont donc ainsi potentiellement perdus", a indiqué Mme Dowdeswell.

Le rapport dresse la liste détaillée d'une série de problèmes environnementaux qui ne cessent de s'aggraver: le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antartique grandit constamment, les pluies acides menacent les forêts, l'eau et la faune en général, la pollution atmosphérique atteint des niveaux jamais égalés et de plus en plus de pays n'ont plus accès à de l'eau potable.

Mais si l'humanité en a la volonté, dit encore Mme Dowdeswell, il n'est pas trop tard pour freiner le processus de détérioration.



Le Canada est l'un des plus grands producteurs de déchets au monde

Sherbrooke, La Tribune
9 juin 1994.

La réputation du Canada à titre de pays propre et vert est-elle à jeter à la poubelle ?

Telle est la question qu'on se pose à la lecture d'un rapport de Statistique Canada publié hier. Selon le document, le Canada au pro rata de sa population, fut un des plus grands producteurs de déchets au monde, en 1991.

Chaque Canadien, cette année-là, a généré environ 360 kilos de déchets solides, ce qui nous permet de figurer parmi les cinq pays ayant produit le plus de déchets, en 1991, en compagnie de l'Australie, des États-Unis, de la France et de la Nouvelle-Zélande.

Ce rapport fait état des dernières données sur les déchets industriels et domestiques, les déchets dangereux et la production de gaz susceptibles d'accélérer l'effet de serre.

Le Canada a produit près de six tonnes de déchets dangereux, en 1991, pour chaque million de dollars US en biens et services généré par l'économie. Ces données sont transmises en devises US pour permettre une meilleure comparaison à l'échelle internationale.

Le Japon a pour sa part généré moins d'un quart de tonne pour un niveau équivalent de biens et services produits.

Cette disproportion s'explique en grande partie par le nombre considérable d'industries vivant des richesses naturelles et du grand nombre de manufacturiers, au Canada, toutes formes de production générant de grandes quantités de déchets dangereux.

Par ailleurs, les industries japonaises sont plus efficaces et recyclent beaucoup plus que les compagnies canadiennes.

Le dossier du Canada, au chapitre des déchets dangereux, est toutefois enviable comparativement à celui des États-Unis où chaque million de dollars US de biens et services produit 44 tonnes de déchets dangereux, chiffre qui grimpe à 158 tonnes en Chine.

Le rapport précise que l'Ontario produit 68 pour cent des déchets dangereux du pays.

Le Canada, par ailleurs, se classe au huitième rang, notamment après les États-Unis et l'Australie, comme producteur de matières polluantes responsables de l'effet de serre.

Les cinq plus grands pollueurs, à ce chapitre, sont des pays moins peuplés, mais sont des producteurs de pétrole du Moyen-Orient, où les principales sources de pollution à ce niveau sont les fuites des pipelines.

Le rapport de 300 pages, intitulé "Activité humaine et environnement, 1994", révèle également que la consommation per capita d'eau potable des Canadiens -15 mètres cubes par année - est parmi les plus élevées au monde.

Les Japonais et les Suédois consomment moins du tiers de cette quantité.

Le rapport soulève également que les ressources pétrolières récupérables du Canada on chuté de 51 pour cent entre 1969 et 1992.


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