ÇA TAPE SUR LA SANTÉ

Mon nom est Marcelle Labée, je travaille comme secrétaire depuis quelques années. L'été dernier, alors que j'étais à l'emploi de la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles (CALP), j'ai développé une tendinite au poignet. Ma tâche principale consistait à dactylographier les décisions de deux commissaires. À cette époque, je dactylographiais 35 heures par semaine.

J'ai d'abord ressenti une espèce de lassitude dans la coordination du doigté de la main droite au début de juin 1994. Je faisais alors des erreurs de frappe avec les mots finissant en " ion ". Régulièrement, plusieurs mots se retrouvaient rattachés les uns aux autres même si j'avais bien frappé, avec mon pouce, la barre d'espacement. Les douleurs se sont intensifiées dans le poignet, irradiant vers le bras et la main. Vers la fin de juillet, j'ai dû cesser de travailler, étant même incapable de tenir un verre d'eau sans souffrir.

Mon médecin m'a alors placée en arrêt de travail afin de permettre à mon poignet de se reposer. J'ai également dû faire de la physiothérapie pendant un certain temps en plus de recevoir des infiltrations de cortisone pour réduire l'inflammation et la douleur. Tous ces traitements ont amélioré mon état d'environ 80 %.

Malheureusement, neuf mois plus tard, écrire est douloureux pour moi et dactylographier m'est impossible sans risque de blessure. Aussi, certaines activités domestiques, telles que manier un couteau de cuisine ou bien laver les planchers, me sont parfois impossibles à réaliser.

Bien que j'aie produit ma réclamation correctement, avec de bons rapports médicaux à l'appui et une description détaillée des tâches qui étaient susceptibles d'avoir causé ma maladie, la CSST n'a pas accepté ma réclamation et je n'ai jamais été indemnisée. En octobre, j'ai dû recommencer à travailler parce que j'avais besoin d'argent. L'agence qui s'occupe de me trouver du travail m'a offert un emploi chez MSA Média. On m'avait dit que j'aurais très peu de travail à faire sur clavier d'ordinateur. Cependant, dès ma première journée de travail, mon employeur m'a demandé de faire de l'entrée de données sur un clavier numérique. J'étais certaine que cela allait me causer des problèmes mais quand on n'a pas de revenu il faut bien faire quelque chose qui nous permette de payer le loyer et de se nourrir. La douleur est revenue et j'ai fait une rechute après deux jours de travail. Cette tentative de travail a aggravé ma maladie initiale qui n'était pas totalement guérie. J'attends présentement d'être entendue devant le Bureau de révision paritaire (BRP) de la CSST pour faire la preuve que ma maladie a bel et bien été causée par mon travail. Je sais que c'est mon travail qui m'a rendue malade. Je n'avais aucun problème avant de faire ce genre de tâches. J'espère que la décision du BRP sera en ma faveur car sinon je devrai porter sa décision en appel devant la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles (CALP), mon employeur. Je suis certaine que c'est pas drôle pour personne d'aller à la CALP mais c'est encore pire quand c'est ton employeur.

Marcelle Labée