SYNDROME DU DÉFILÉ THORACIQUE

Le syndrome du défilé thoracique réunit un groupe de conditions cliniques caractérisées par des symptômes de douleurs et de paresthésies (engourdissements) dans la main, le bras, l'épaule et le cou. La plupart du temps, les symptômes sont distribués le long de la partie interne du membre supérieur jusqu'aux 4e et 5e doigts, et occasionnellement à la partie adjacente de la paroi thoracique antérieure. Les symptômes sont généralement provoqués, ou sont augmentés lorsque les bras sont étendus, ou maintenus élevés au-dessus des épaules pendant un certain temps. Ils sont également plus marqués la nuit.

On attribue la présence de ces symptômes à un phénomène d'obstruction du défilé thoracique, trajet d'environ 12 cm situé à la région antéro­latérale du cou entre les masses musculaires des scalènes, sous la clavicule et au-dessus de la 1ère côte. C'est le trajet qu'emprunte le plexus brachial de même que les artères et les veines sous-clavières, dont la compression peut entraîner des symptômes d'ordre vasculaire ou neurologique selon le cas. Les conditions qui amènent cette compression sont multiples : hypertrophie du muscle scalène antérieur, allongement d'une apophyse transverse cervicale donnant lieu à une ébauche de côte cervicale surnuméraire, étranglement costo­claviculaire, hyperabduction des épaules, épaules tombantes, spasme musculaire comme par exemple dans l'entorse cervicale, ou la cervicalgie posturale et tensionnelle.

Souvent, il y a addition de causes multiples : ainsi, une personne peut avoir une côte surnuméraire, qui n'a jamais causé le moindre symptôme, mais s'il s'ajoute une déficience posturale, les symptômes peuvent apparaître. Les travaux qui demandent de garder les bras élevés peuvent favoriser l'apparition d'un tel syndrome.

L'examen clinique consiste à rechercher des altérations du pouls radial et la présence d'un souffle sous­claviculaire provoqués par certaines manoeuvres d'élévation du bras. Ces différentes manoeuvres ont pour objet d'amener l'épaule dans une position de compression en conjuguant des positionnements d'abduction, d'extension, de rotation externe et d'inspiration profonde.

L'investigation clinique est généralement négative sauf dans le cas d'une origine traumatique de la clavicule, d'artériosclérose des vaisseaux, et de la côte cervicale.

Le traitement est essentiellement conservateur, la chirurgie s'étant avérée inefficace et parfois désastreuse. Il consiste dans un conditionnement graduel de la musculature des épaules, notamment les releveurs des épaules, et de la musculature paracervicale. La condition est considérée bénigne.

Jean­Pierre Brière, MD