Les problèmes de santé liés à la mauvaise qualité de l'air des édifices sont multiples . On peut les regrouper sous deux grands titres :
Il s'agit d'un ensemble de symptômes généraux bien caractérisés et reconnue mondialement (Tableau 1).
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| Tiré et traduit libéralement de Molhave L.in Sefert B. etal |
Ces symptômes disparaîtront plus ou moins rapidement en dehors du milieu de travail. Ces malaises dont se plaignent les travailleurs et les travailleuses peuvent paraître bénins au premier abord, mais ils peuvent devenir un facteur d'inconfort physique, poussant souvent ces personnes à consulter. Certaines personnes se plaindront entre autres de maux de tête de type migraine très incapacitants. Que l'on songe, entre autres, aux difficultés que cela occasionne à toute personne qui a déjà un travail nécessitant une concentration intellectuelle constante (bureaux, banques, écoles, hôpitaux, etc.).
Ce syndrome est d'emblée reconnu comme étant un facteur négatif important de productivité et jouant un rôle important dans la genèse des taux élevés d'absentéisme.
Les causes de ce syndrome ne sont pas actuellement très claire. Est-ce du à :
Très souvent, une humidité relative en dessous de 30% peut expliquer une partie des symptômes. Des normes de confort ont été établies à partir d'étude du Dr. Yaglou dans les années 30 et Fanger dans les années 70. Elles ne considéraient que le travailleur comme source de pollution. Récemment, le Dr. Fanger a repris ces études ce qui lui a permis d'élaborer un concept du OLF et DECIPOL :
En utilisant une équipe de 54 juges formés pour l'étude, le Dr. Fanger eut la surprise de constater que l'insatisfaction ne provenait pas uniquement des occupants mais aussi d'autres sources. (Voir tableau 2)
| 15 édifices Danois
% d'insatisfaction sur 100%
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Selon un tel schéma, pour en arriver à une satisfaction de 80% des occupants, il faudrait tripler la norme proposée par l'ASHRAE.
On considère un taux de CO2 supérieur à 600 ppm à l'intérieur des édifices comme un signal d'alarme de mauvaise ventilation (CO2 extérieur 350 ppm). Par contre, certaines études récentes n'écartent pas la présence de problème même si le CO2 est normal. En général, il y a moins de problèmes dans un édifice à ventilation naturelle.
Il ne s'agit pas d'une psychose de masse. Les études danoises font la preuve que des emplois subalternes (les femmes) sont plus à risque. Le rôle des facteurs généraux de stress au travail n'ont pas encore été adéquatement recensés mais il est certain qu'une attitude rigide de la direction ne peut qu'aggraver la situation.
Dans les édifices danois, les plaintes sont plus fréquentes dans les bureaux populeux, où l'on retrouve du tapis, des rideaux et draperies, des étagères en grand nombre. Ces lieux peuvent être la source d'émission continue de nombreux produits toxiques. (Voir tableau 3)
| FORMALDEHYDE
Sources : contre-plaqué, MIUF, tapis, draperies, papier, vernis (UF-mélamine). Symptômes : irritation, allergie, cancer, problèmes menstruels |
| COMPOSÉS ORGANIQUES VOLATILES (VOC)
Sources : plus de 200 produits, alcools, solvants, éthers, aldéhydes, époxy et autres. Peinture latex ou autres, cire à plancher, poli à meuble, canette de désodorisant, produits de scellement, photocopieurs, etc. Symptômes : Étude danoises
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| PRODUITS DE COMBUSTION
CO : Asphyxiant du cerveau et du coeur. Fatigue, nausées maladive, problèmes de concentration. NO2 :Symptômes pulmonaires. Infections plus fréquentes. Source :
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Certaines moisissures peuvent fabriquer et sécréter plusieurs produits volatiles irritants. Or, certains auteurs ont mis à jour une corrélation significative entre la présence du tapis, moisissures et symptômes irritatifs.
Dans certaines circonstances, la présence d'un générateur d'ions négatifs semble avoir aidé mais la preuve de leur efficacité n'existe pas pour le moment. Le professeur Sterling, dans une étude épidémiologique, a pu démontré une diminution des symptômes par l'installation de néon à lumière naturelle en plus de l'amélioration de la ventilation générale. Enfin le rôle de l'électricité statique bien que peu étudié ne semble pas être important.
Alors que certains experts considèrent la cigarette comme un facteur important de pollution intérieure, d'autres par contre, après avoir révisé la littérature scientifique de façon serrée, n'arrivent pas à la même conclusion. Il est donc certain qu'une politique de prévention axée uniquement sur des directives contrôlant l'usage de la cigarette à l'intérieur des édifices, ne sera pas suffisante pour résoudre les problèmes multiples de la mauvaise qualité de l'air. Ceci, évidemment, en ne niant pas l'effet nocif de la fumée de cigarettes.
Conclusion : Il s'agit d'un syndrome qui est d'origine multi-causale, dont il ne faut pas nier l'importance car très souvent, il accompagne une situation productrice de maladies de causes connues. Il faut comprendre que ce syndrome n'existait pas avant 1970, et nous ne connaissons pas les effets à long terme sur les personnes qui en souffrent, entre autres, en termes d'apprentissage chez les écoliers et d'impact sur les patients souffrant de maladies cardiaques, pulmonaires et neurologiques.
Nous débouchons sur l'aspect plus grave et sérieux de cet état de faits. De plus en plus la littérature médicale s'accroît sur les maladies provenant de ces milieux pollués.
Très fréquents, les problèmes allergiques se localiseront surtout au niveau des voies respiratoires supérieures (nez, gorge) ou inférieures (asthme, alvéolite allergique extrinsèque).
En effet, les gens qui ont déjà des tendances allergiques verront leur état s'aggraver sérieusement ou encore se transformer d'un état de guérison à une réapparition de la maladie. Ce qui est plus sérieux, c'est que l'on commence à découvrir des cas d'asthme dus à cette contamination chez des travailleurs et des travailleuses sans aucun passé allergique . Il s'agit d'asthme de type professionnel comme l'on en trouve dans d'autres milieux industriels à risque.
Une pathologie tout aussi sérieuse, sinon plus, se dénommant "alvéolite allergique extrinsèque" peut être consécutive à l'exposition à des contaminants biologiques (moisissures, bactéries, excréments d'oiseaux, agents biocides.) se retrouvant dans des systèmes de ventilation mal conçus ou mal entretenus. Il s'agit d'un processus de type asthmatique mais situé cette fois-ci, plus en périphérie du poumon, c'est-à-dire au niveau des alvéoles pulmonaires ou s'effectue le transfert de l'oxygène au niveau des globules rouges. Cette maladie est d'autant plus dangereuse, qu'elle peut apparaître de façon très insidieuse, sous forme d'essoufflement, de température, de fatigue et de perte de poids. C'est pour cette raison que nous ne connaissons pas l'incidence véritable de cette pathologie.
Depuis la fameuse épidémie de pneumonie à l'hôtel Standford de Philadelphie en 1976 et, plus près de nous, à l'hôpital Royal Victoria au début des années '80, le milieu médical connaît maintenant les risques de transmission de la pneumonie due à la Legionella. D'autres maladies infectieuses seront aussi véhiculées par les systèmes de ventilation, telles les infections pulmonaires à champignons chez des malades hospitalisés, les maladies animales telle la fièvre Q, la tuberculose, les maladies virales telle la grippe, la rougeole.
De plus, la prolifération de certaines bactéries entraînera à plusieurs occasions, la production
d'endotoxine (toxine bactériologique), créant un syndrome de type grippal apparaissant souvent lors du retour au travail. Dans la même veine, récemment, le ministère de la Santé et du Bien-être social du Canada attirait l'attention sur un risque insoupçonné jusqu'à aujourd'hui, celui des mycotoxines. Il s'agit de composés chimiques (métabolites) particulièrement dangereux générés par certaines moisissures en présence de certaines conditions environnementales pouvant se retrouver dans des systèmes de ventilation mal conçus ou mal entretenus ou encore régis par une politique d'économie d'énergie trop stricte. On invoque de plus cette hypothèse pour expliquer certains symptômes bizarres retrouvés chez les occupants de certains logis et de certains édifices.
Les experts ont calculé que les risques de cancer sont beaucoup plus élevés à l'intérieur des édifices, que ceux provenant de l'extérieur. Les agents sont le Radon, l'Amiante, la Formaldéhyde, 25% des composés organiques volatiles, les produits de combustion etc.
Les fibres minérales synthétiques qui tapissent plusieurs conduits de ventilation, créant un milieu propice à la prolifération de différents organismes pathogènes, seront elles-mêmes responsables de lésions sur la peau accompagnées de fortes démangeaisons, de même que de lésions oculaires particulièrement invalidantes. L'utilisation de papier autocopieur a occasionné l'apparition d'urticaire et d'asthme. Plusieurs travailleurs se sont plaints de toux et de sécheresse de la gorge, dues à une surutilisation de détergent à tapis.
Récemment, lors d'audiences tenues par un comité
du Congrès américain, on évaluait à
plus de 6 milliards de dollars U.S. les coûts en soins médicaux
et en diminution de productivité consécutifs à
ces environnements malsains aux États-Unis. Il faut que
les autorités prennent conscience de ce problème
et le considère comme un problème de santé
publique majeur.