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Construction de tambour

J’ai décidé un jour d’essayer de construire un djembe à partir d’une grosse bûche d’arbre. Ce fut un succès. J’ai par la suite construit d’autre djembe et dun dun. Ici je tente d’expliquer un peu les étapes et de donner des conseils pour les futurs sculpteur de tambour qui lisent ceci.

Photos

voici quelques photos des tambours que j’ai construis.

dundun 2 djembes djembe Loriane tambour Émilie tambour en construction

Les bois utilisés sont de l’érable pour le plus gros djembe ainsi que les 2 en constructions, de la pruche pour le petit djembe. Les gros dun dun sont en épinette, les petits dun dun en pruche.

Le petit djembe pour enfants est en sapin. L’autre tambour est en pruche.

Outils

outils outils mécanique

Voici des outils utile pour travailler le bois.

ring roller soudeuse et pour faire les anneaux de métal, un ring roller et une soudeuse à arc.

Truc et conseils

Premièrement, si vous n’avez jamais joué de tambour et que vous avez envie d’en construire, je vous suggère d’en achetez un avant ou à tout le moins d’en essayer quelques uns. Cela vous donneras une meilleurs idée des dimensions, de la forme et de ce que vous préférer.

Les coûts : Un djembe neuf bas de gamme (quoique pouvant très bien convenir), style Indonésien peut coûter en bas de 100$ canadien. Un bon tambour africain peut aller chercher dans le 300$. Si vous pensez économiser de l’argent en construisant votre tambour, détrompez vous. Le coût des outils seul dépasseras les 300$ (gouge de qualité, scie mécanique, râpe de toute sorte, etc.). La peau coûtera environ 30-40$, la corde, un autre 30-40$ (et oui!, ça en prend beaucoup) et les anneaux de métal encore 30-40$. Nous somme rendu donc à environ 90-120$ de matériel sans les outils… Si vous optez pour acheter un fût de bois déjà dégrossi, cela ajoutera un autre 80-100$ sur la facture. Par contre, c’est malgré tout une oeuvre, votre oeuvre, qui n’aura pas de prix.

La méthode 2 a l’avantage que les pièces de bois requise n’ont pas besoin d’être très large, de plus, vous ne contribuerez pas à la coupe d’arbre centenaire et la déforestation qui sévi dans quelques région de l’Afrique pour la production de tambour.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les bois mou peuvent faire de bon tambour (et léger en plus), donc il ne faut pas négliger ce type de bois nécessairement. Par contre, chaque essence de bois à un taux d’humidité variable et certains bois contiennent plus d’eau que d’autre, notamment les bois mou, donc auront plus de chance de craquer lors du séchage.

La première étape consiste à trouver une très grosse bûche. Un petit djembe a un diamètre d’environ 13 pouces. Ce qui veut dire que votre bûche devra avoir au minimum 13 pouces de diamètre dans la partie la plus petite (hé oui). C’est rarement parfaitement rond, un arbre, c’est plutôt ovale, donc il faut bien mesurer le pire cas avant de commencer. Cela sans compter l’écorce qui peut être assez épaisse dans certains cas et qu’il faut enlever. Donc dans la partie la plus large de la bûche, on peut atteindre facilement 20 pouces ou plus de largeur!

Pour ce qui est du diamètre du djembe en tant que tel, il ne faut pas se fier au “bigger is better”. Un trop gros diamètre donnera bien sûr une basse plus forte, mais il y aura plus d’overtone dans le son et les claqués seront moins sec. Donc l’idéal et d’avoir essayé quelques modèle de tambour pour entendre l’effet des dimensions et proportions.

L’idéal si vous ne possédez pas de terrain forestier est de demander à vos amis ou collègue de travail pour du bois (arbre tombé, défrichage, etc.). Par contre, les gens on tendance à surestimer le diamètre des arbres, alors demander de bien mesurer avant de vous déplacer chercher la pièce de bois : Souvent le super gros tronc d’arbre proposé n’est vraiment pas suffisamment gros une fois mesuré. Ce fut le cas de mon premier tambour, il aurait pu être un peu plus large, mais bon, on l’aime quand même.

Ensuite, il faut aller chercher le morceau de bois et sachez que c’est très pesant du bois de la grosseur requise! Donc, difficile ou impossible à manier seul.

Je mentionne ceci juste pour éviter les déception d’apprenti sculpteur : à moins de faire un mini tambour, ce n’est pas le genre de truc que l’on peut faire dans son salon!

Vider le tronc

tronc

Note : Les engins coupant à moteur sont dangereux, et encore plus quand on les utilises à d’autre fin que ce à quoi il ont été conçu : la sculpture par exemple… Donc, je ne suis pas responsable et me dégage de toute responsabilité de ce qui pourrait vous arriver si vous décidez de vous lancez dans une telle entreprise. Dans un tel cas, il faut penser sécurité. Les scies à chaînes ou autre on tendance à rebondir (kicker) lorsque l’on s’en sert de façon non conventionnel, donc, il faut avoir un casque avec protège visage et des vêtements de protection approprié. Dans mon cas, je vide les troncs l’hiver parce que le bois coupé à l’automne contient moins d’eau, sèche moins vite à cette période, et surtout parce qu’il fait moins chaud pour travailler avec tout le kit de protection…

sécurité

Pour mon premier tambour qui est fait en pruche, un bois assez mou, je m’imaginais vider le tronc à la mains avec un ciseau à bois, une gouge, ou bien un genre d’outil que je m’étais bricoler (herminete). Je me disais qu’en Afrique, c’est fait à la main, alors ça doit être possible… Quelle erreur!

Ensuite, j’ai fait plein de trou avec une perceuse et j’ai brûlé son moteur!. Résultat, pas vraiment de progrès considérable. Finalement je me suis acheté une scie à chaîne électrique et enfin, ça progressait un petit peu.

Je me disais qu’une scie à chaîne, ça irait vite mais en fait, c’est quand même long. Je dirais que le seul moment ou ça va vraiment vite avec une scie à chaîne quand on sculpte le bois, c’est le moment ou l’on rate son coup et qu’on fait une belle entaille dans la bûche exactement où l’on se disait qu’il serait donc triste de rater son coup à pareil endroit. Comme vous voyez sur la photo suivante, la réparation sera difficile pour que ça ne paraisse pas…

oups!

Mais, je vous entend dire : une scie à chaîne, ça coupe le bois rapidement, ça ne doit pas être si long! Et oui, en effet, ça va vite pour couper perpendiculairement au fil du bois (comme couper un arbre en 2). Par contre, quand on veut vider un tronc, il faut couper dans le sens du fil du bois, et là, ça coupe vraiment mais vraiment moins vite. Ça ne fait pas du brin de scie standard mais plutôt des long ruban de bois en plus. Comme il faut planter le nez de la scie directement dans le bois, la scie cherche souvent à kicker et gâcher notre beau travail (elle pourrait aussi gâcher votre figure) ce qui fait qu’il faut aller quand même délicatement.

Pour mes autres tambour, j’ai utilisé une scie à essence car elle est beaucoup plus puissante qu’une électrique. Par contre, il est très difficile de travailler avec précision avec une grosse scie, alors la scie électrique est très utile après le premier stade de dégrossissage et pour finaliser le travail (l’amincissement final du tambour surtout).

Quand je commence à creuser, je plante la scie et je l’enfonce à différent endroit, et je tourne la bûche de temps en temps. Cela donne l’effet d’un papier quadrillé sur le devant de la bûche. Mais même si la bûche est entaillé de mille façon, le bois se tiens très solidement et il est difficile d’arracher les baguette de bois ainsi construite. Une fois une zone centrale dégagé, ça progresse plus vite car la scie n’est plus entravé par le haut, et on peut donc la bouger pour attaquer le bois sous différent angle.

Avant de creuser trop creux, je m’attaque à l’extérieur de la bûche pour lui donner une forme approximative, cela à l’avantage d’enlever beaucoup de poids et de permettre de mieux évaluer jusqu’où creuser à l’intérieur. Quand j’ai quelque chose qui ressemble vaguement à un tambour, je passe à l’étape du séchage.

Ah oui, j’ai aussi brisé une chaîne et un guide de chaîne (lame) à force de creuser, donc prévoyez des extra à vos dépenses.

Séchage

craque dans le bois

Ici c’est l’étape de la possibilité de déception totale : Après avoir mis une dizaine d’heures à creuser une bûche pour lui donner grosso modo l’air d’un tambour, il est fort possible que celle-ci fende complètement en quelques jours, voir quelques heures!

Je commence donc le séchage aussitôt que le tambour a des parois d’environ 1 pouces d’épaisseur ou plus. C’est très grossier à cette étape, mais je me dis qu’il vaut mieux stabiliser le bois avant d’investir trop d’heures pour la finition.

En passant, j’ai lu que le bois sèche au rythme d’un pouce par année de séchage. Donc une buche pleine de 20 pouces de diamètre pourrait prendre 10 ans à atteindre un point d’équilibre. Heureusement, comme les parois de notre fût on environ de 1 à 2 pouces et que le séchage s’effectue aussi par l’intérieur (car on l’a vidé, vous vous en souvenez), et bien on peut parler d’environs 6 mois d’attente.

En fait, le bois ne sèche pas complètement, mais atteint plutôt un point d’équilibre avec l’air ambiant. Le taux d’humidité restera à environs 10% une fois “sec”.

L’important est de ralentir le processus de séchage pour empêcher que cela se fasse trop rapidement, sinon, crac! Pourquoi crac, et bien c’est que des parties du bois, l’extérieur par exemple, sécheront et rétréciront trop rapidement par rapport au reste.

J’enroule les fûts dans des sacs de jute et je les laisse à l’abris à l’extérieur. Je pèse les fûts de temps en temps pour m’assurer qu’ils ne sèche pas trop vite (ou pas du tout) et j’ajuste l’épaisseur de l’enroulement en conséquence. Aussi, si le fût ne sèche pas assez, il peut se développer des moisissures sur les parois du bois… J’en ai vécu l’expérience sur mon premier tambour et ça fait de belles taches à enlever. J’ai l’impression que dans les pays d’afrique qui sont plus humide que le Quebec, il n’y a pas tant de souci à se faire pour le séchage. Ici, l’humidité varie beaucoup et rapidement, alors c’est plus compliqué.

Quand le poids du fût ne varie plus beaucoup, on peut passer à l’étape de finition. La courbe du séchage du bois donne une belle décroissance logarithmique. On peut pratiquement prédire dans combien de temps sera terminé cette étape de séchage après quelques mesures.

balance maison

Pour peser le fût, l’idéal est d’avoir accès à une balance commercial. Les pèse personnes ordinaire ne sont pas assez précis. Idéalement, il faut pouvoir peser un poids allant jusqu’à 30 livres avec une précision de 0.1 livre. Comme j’avais beaucoup de fût à peser à un certain moment, je me suis construis ma propre balance ayant la précision nécessaire. Le concept est fort simple et je détaillerai la construction sous peu.

Les indésirables

surface grugé

Il est fort possible que le bois contiennent des larves ou autres insectes nuisible. Même du bois coupé et sculpté pendant l’hiver peut s’avérer contenir des indésirables en léthargie. Ceux ci peuvent continuer à forer le bois et ce n’est pas exactement le but recherché (quoique sur certain de mes tambour, la décoration extérieur a été fais gracieusement par ceux-ci, entre le bois et l’écorce). Pour mes dun dun, j’entendais les insectes manger le bois à l’intérieur. C’est pas très rassurant d’entendre mâchouiller à l’intérieur de ce qui a pris tant d’effort!

J’ai fais des recherche et il existe quelque méthodes pour les éliminer : le chaud, le froid et l’huile essentiel de lavande.

Pour chauffer, j’ai mis mes fût de bois dans un sac plastique noir fermé, dans mon auto au gros soleil. Il en sortait de la vapeur après quelques heures. Malheureusement, le type de vers habitant mes fût ne furent pas affecté.

Pour le froid, on met le tout au congélateur. Dans mon cas, les vers, bien qu’ayant passé l’hiver gelé furent tous éliminé une fois recongelé. Je suppose qu’au printemps, ils ont atteint un autre stade d’évolution et ne purent résister au froid par la suite.

L’huile essentiel de lavande est efficace contre les bibittes mangeuse de peau de tambour. Ce sont des genre de mouche dont les larves mange la peau de tambour. Elles pondent leurs oeufs dans les replie sur les bord du tambour. Je crois que ces insectes arrivent surtout dans des tambours qui viennent d’être importé. Il faut mettre quelques gouttes d’huile de lavande (pas trop) et idéalement isoler le tambour des autres. L’huile de lavande, ça sens très fort donc il ne faut pas mettre une grande dose. J’avais tenté le coup de l’huile pour mes vers foreur mais ça n’avait rien donné (à part des fût de bois sentant la lavande a plein nez, aye!).

Finition

sculpture

Il est maintenant temps de sculpter des motif ou autre, de sabler et de donner la forme finale à l’objet. Je n’ai pas d’autre conseil à donner que pour sculpter le bois, l’achat de gouge de qualité est indispensable. J’étais très sceptique au fait de payer jusqu’à 40$ pour une seule gouge alors qu’il était possible d’en acheter 8 pour 15$. Et bien, ça fait vraiment une différence, autant que de trancher un steak avec une cuillère au lieu d’un couteau…

Il faut éventuellement aussi apprendre à aiguiser les gouges mais c’est un sujet que je ne maîtrise pas très bien pour le moment. Il faut juste garder en tête que même la meilleures gouge fini par s’émousser et ne coupera plus aussi bien après un certains temps. Au moins, il est possible de la remettre en parfait état si on connaît la technique.

finition huille

huille

Le bois dois être éventuellement protégé. Je suis un grand utilisateur de l’huile de lin bouillie. Et non, ce n’est pas vous qui devez faire bouillir l’huile, c’est l’appellation qu’elle a (en anglais boiled linseed oil). Cette huile de lin, contrairement à la version standard, pénètre le bois et le scelle en séchant. Elle doit être un peu dilué (essence minéral) pour faciliter l’absorption.

Cela donne un fini assez mat et ajoute une certaine coloration au bois.

Les avantages :

Inconvénient :

Pour le point de la combustion, ce n’est pas à prendre à la légère. Un ami qui faisait de la finition de pièces de bois à l’huile de lin a failli voir sa maison passer au feu à cause de ses chiffons qu’il gardait dans un tiroir après les avoir utilisé pour appliquer l’huile de lin. C’est que cette huile “sèche” par un processus d’oxydation et ceci dégage une certaine chaleur.

Pose de peau

pose de peau

Une peau de chèvre pour un djembe peu coûter environ 30$ canadien. Si c’est une grande peau, avec de la chance elle pourrait faire pour 2 tambour. Pour les peaux de vaches, c’est plus dispendieux (plus de 200$). La peau acheté sera sèche et contrairement à la croyance populaire, ne sera pas molle mais plutôt rigide comme du carton. Ce n’est pas du cuir tanné qu’il faut pour les tambours, mais du cuir brut (raw hide).

peau de vache

J’ai tenté le coup de préparer moi même une peau de vache : aller chercher la peau à l’abattoir, gratter, sécher, nettoyer, etc…. Bon, je suis comme cela, des fois, il me vient le goût de vraiment tout faire de A à Z… Vous me direz que je n’ai pas construit ma propre corde, ni forger mes propres outils, mais j’y ai songé (à la forge en tout cas)!

Pour fixer la peau, je suis un inconditionnel de la technique avec 3 anneaux de métal. Certains ont du succès en posant des oeillets dans la peau (je suggère dans ce cas de replier la peau pour que les oeillet soit dans 2 épaisseur, sinon, ca risque d’étirer à la longue).

On peut commander des anneaux de métal tout fait pour environs 10 – 15 $ l’anneau. Dans mon cas, je me suis acheté une soudeuse à arc usagé et un ring roller (pour rouler des tiges d’acier) en me disant que j’allais payer ses équipements assez rapidement, vu la quantité d’anneaux que j’ai fait (environ 33 anneaux à date).

Pour la pose de la peau proprement dite, je suggère une petit recherche sur internet. Il y a quelques sites super et je ne saurai mieux expliquer.

Cordage

corde

Il faut beaucoup de corde et de la bonne corde. Un djembe peu nécessiter environ 75-100 pieds de corde. C’est très surprenant quand on regarde le produit fini, on ne s’y attendrait vraiment pas. En tout cas, moi je suis toujours surpris quand je prépare une corde.

La meilleure corde est celle de polyester avec coeur de polyester. L’idéal est une corde qui étire le moins possible, sinon, il faudra retendre la peau très très souvent. Notez qu’il est normal d’avoir à resserrer les cordages assez souvent après avoir posé une peau neuve, mais éventuellement, on a pas besoin de resserrer à chaque semaine. Par contre, si la corde étire tout le temps, ça ne sera pas la joie. Ce qui veut dire que de la corde d’escalade, n’est pas nécessairement un bon choix, étant donné qu’elle se doit d’être un peu extensible.

Pour des tambour ayant besoin de moins de tension comme des petits dun dun, une corde de moins bonne qualité peut faire l’affaire.

Pour le tressage, certains sites explique très bien le nécessaire pour un djembé ou autre tambour. Rechercher “Mali weave” sur le net et vous trouver sûrement.