EXTRAITS DE:

LA SCANDALEUSE NOUVELLE-FRANCE

Auteur: Guy Giguère
Publié par Stanké en 2002


Quand les Français ont colonisé le Canada, ils ont apporté avec eux leurs propres maîtres à penser (les prêtres catholiques) et leur propre code criminel qui est resté en vigueur jusqu'à la Conquête de 1763.

Les peines infligées aux personnes déclarées coupables d'un acte jugé criminel ont souvent fourni de la main d'oeuvre à bon marché au roi et à la secte catholique. Au lieu de garder les "criminels" en prison, le roi préférait les faire travailler dans les galères ou les obliger à payer des sommes aux communautés religieuses ou à travailler pour eux.


EXEMPLES DE CRIMES ET PUNITIONS:

Le blasphème

Une personne coupable de blasphème pouvait subir des mutilations atroces: À la sixième offense, on coupe la lèvre supérieure avec un fer chaud. À la septième, on met le point final au problème, finies les niaiseries, on coupe la langue.

En 1684, un homme accusé d'avoir proféré plusieurs injures et blasphèmes, doit verser aux religieux Récollets la somme de 50 livres; aux religieuses de l'Hôtel-Dieu 50 livres; aux pauvres de l'Hôtel-Dieu, 50 livres; et 50 livres d'amende au roi.

Croyez-le ou non, au Québec, le blasphème est encore considéré comme étant un crime (code criminel art. 296).

Être en état d'ébriété en public

En 1664, deux hommes sont coupables de se promener en ville en état d'ébriété. Ils sont condamnés à payer chacun une amende de 10 livres qui sera versée "aux pauvres de l'Hôtel- Dieu de cette ville".

Fausse monnaie

En 1667, un homme est coupable du crime de "fausse monnaie". Le tribunal l'oblige à "servir 3 ans dans la mission que les pères de la compagnie de Jésus sont prêts à aller établir dans les nations sauvages iroquoises".

Parjure

En 1667, des femmes coupables de parjure sont obligées de payer cent sols (monnaie en France) d'amende applicable à l'oeuvre de l'église Sainte-Anne de Beaupré.

Insulter le roi

En 1668, un Montréalais envoie une lettre à l'intendant Jean Talon, dans laquelle il insulte de roi. Il est condamné à payer une amende de 300 livres applicable la moitié aux pauvres de l'hôpital et le reste à des oeuvres religieuses.

Manger de la viande

En 1670, un homme est accusé d'avoir manger de la viande pendant la période de carême. Il a eu à payer une amende de 25 livres, à savoir, la moitié à l'oeuvre de l'église paroissiale, et l'autre moitié au huissier pour les frais encourus.

Tentative de suicide

En 1699, un homme qui a une peine d'amour tente de se suicider. Il est condamné à plusieurs coups de fouets et il est banni du pays.

Suicide

En 1708, on trouve un sans abris pendu dans une maison. On fait un procès au cadavre, et on décide qu'il s'agit d'un suicide. Le cadavre sera attaché par l'exécuteur de la haute justice au derrière d'un traîneau et traîné, la tête en bas et la face contre terre, par les rues de cette ville jusqu'à la place publique de la basse ville où il sera pendu par les pieds à une potence. Après qu'il y aura demeuré 24 heures, il sera jeté à la voirie (le dépotoir).

L'empathie envers les plus démunis était rare à cette époque-là aussi.


"Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre."

Georges Santayana