EXTRAITS DE:

PLAIDOYER D'UN EX-ORPHELIN RÉPROUVÉ DE DUPLESSIS

Auteur: Jacques Baugé-Prévost
Publié en 2000 par Les éditions Quebecor


Au Québec, les personnes privées de ressources suffisantes, sans soutien familial, inaptes au travail ou hospitalisés, c'est-à-dire totalement indigentes, eurent le droit de recourir à la Loi de l'assistance publique de 1921. Les coûts de ce service étaient pris en charge par le gouvernement provincial, la municipalité et l'établissement.

Quand une dizaine d'années plus tard, on a dû affronter une situation nouvelle, la situation des personnes aptes au travail mais incapables de trouver un emploi, on inaugura dès 1930 une politique de travaux publics pour pallier cet inconvénient majeur. Le principe traditionnel, celui de ne pas accorder d'aide à une personne valide, sera sauvegardé, du moins en apparence. Toutefois, cette aide palliative ne s'adressait pas aux femmes et ne réglait donc momentanément que le sort d'une certaine couche de la population.

Si, en 1937, le gouvernement québécois créa certains programmes pouvant bénéficier aux femmes, ceux-ci ne furent destinés qu'à celles qui se trouvaient à la tête d'une famille monoparentale (à l'exception des mères célibataires et des femmes divorcées) et ne disposant que de faibles revenus. Les prestations étaient très basses.

Jusqu'à la fin du 19e siècle, la profession médicale n'admettait aucune femme dans ses rangs. Au Québec, il faudra attendre 1890 pour voir une faculté de médecine - celle de Bishop's College - ouvrir ses portes aux femmes.

En 1941, on vota la Loi de l'assurance-chômage à laquelle le Québec n'adhérera qu'en 1951.

Pendant qu'ailleurs en Amérique, on démantelait les immenses asiles psychiatriques, le Québec, sous l'Union nationale, de 1944 à 1960, construisait d'énormes hôpitaux psychiatriques. Ces nouvelles institutions ont servi de déversoir à ces monstruosités qu'étaient déjà Saint-Jean-de-Dieu à Montréal et Saint-Michel-Archange à Québec, ainsi qu'à des crèches.

Les religieux et religieuses se sont servis de la filière de l'instruction pour propager leur doctrine judéo-chrétienne, tout comme l'école laïque (républicaine ou autre) le fait pour étendre son idéologie.

Ce fut une éducation de caste où l'ignorance crasse s'installa pour régner par la suite. Elle infantilisa ainsi un peuple simple d'une manière tragique, et ce, au nom d'un mythe oriental des plus fantasmagorique, au nom des préceptes d'un livre, la Bible, qui représente la source suprême des pires perversions, en un mot au nom d'une mythologie schizophrénique détachée du grand fleuve de la vie.

Une éducation adéquate pourrait seule sortir le peuple canadien-français des ornières de l'ignorance et des inaptitudes où l'avait confiné un système didactique exclusivement clérico-étatique à but confessionnel qui, de ce fait, ne s'intéressait guère aux choses d'ici-bas et encore moins au devenir de ce peuple.

Dans les années 1950, au Québec l'aide financière que le gouvernement donnait aux familles nécessiteuses représentait seulement le tiers de ce que ce genre de familles recevaient en Ontario.

Au cours de son histoire, faut-il rappeler que l'Église judéo-chrétienne a appliqué l'hypocrisie officielle, le lavage de cerveau, la falsification historique, le terrorisme intellectuel, la délation systématique, l'obéissance aveugle, l'ascèse négative, la confiscation des âmes, le trafic des indulgences, le trafic des héritages, l'horreur du naturel, la traite des orphelins, la dénaturation sexuelle, l'exil intérieur, extérieur, la cruauté à l'égard des filles-mères, l'emprisonnement pour objection de conscience, la torture dans les procès religieux, le supplice du bûcher, la peine de mort contre les "sorcières" etc., sans parler de l'aliénation appelée "sainte ignorance" qui a ouvert le chemin à la "sale insignifiance" d'aujourd'hui.

Par un repli politique du Québec sur lui-même, cette doctrine [judéo-chrétienne] profita de cet isolement pour renforcer son emprise sans précédent en Amérique du Nord, créant ainsi une véritable théocratie. Son système éducationnel lui fournit les servilités nécessaires à son maintient, servilités qu'elle sut entretenir par toute une hiérarchie d'implications d'ordre intellectuel, moral, et social. Son pouvoir ne fut jamais aussi grand jusqu'au jour où, d'un seul tenant, le peuple québécois le rejeta. Mais ce peuple, non préparé à une liberté de pensée, se rua sur d'autres idéologies de propagande qu'on lui présenta, progénitures issues elles-mêmes de ce judéo-christianisme, lui faisant croire à sa propre révolution (Révolution tranquille pour ne pas effrayer les esprits).


"Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre."

Georges Santayana