EXTRAITS DE:

LES ENFANTS DE DUPLESSIS
L'histoire vraie d'Alice Quinton,
orpheline enfermée dans un asile à l'âge de 7 ans

Auteure: Pauline Gill
Publié en 1991 par Expression Libre


LES SÉVICES

Les religieuses non-abusives étaient au courant de ce qui se passait dans les institutions mais ont gardé le silence.

Faut pas s'étonner du fait que les religieux n'aient pas eu plus de conscience que les autres Québécois, puisque le livre sacré de la secte catholique a toujours approuvé l'abus physique envers des enfants.

Les orphelines n'avaient droit qu'à un seul bain par semaine.

À la crèche, les autorités interdisaient aux employés de donner des marques d'affection aux bambins, pour ne pas créer d'attachements... Et à l'orphelinat, la même consigne semblait régner...

C'était défendu de parler des mauvais traitements reçus et de montrer ses plaies aux autres. En dépit d'un certain confort budgétaire, la mentalité des années 40 favorise la privation (de nourriture) au nom de principes religieux. Il fallait faire des sacrifices pour aller au ciel. En 1865, dans son 5e rapport annuel, le Conseil des Inspecteurs d'Asiles et de Prisons annonce: "Dans une telle situation, propriétaires ou contracteurs ont manifestement intérêt à dépenser le moins possible pour la nourriture et l'entretien des patients et à exiger en retour le maximum d'eux sous forme de travail."

En dépit de la loi adoptée en 1943 obligeant les enfants de 6 à 14 ans à fréquenter l'école, les orphelines de l'asile Saint-Julien ne recevaient que deux heures et demie d'enseignement par jour. Le reste de la journée était consacrée aux corvées.

Alice trouve irrespectueux la façon dont les religieuses passent leurs mains pour vérifier si les orphelines portent bien leur brassière réglementaire, la "plate-forme".


"Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre."

Georges Santayana