Auteur: André Lemelin en collaboration avec Claude Marcil
Publié en 1999 par Publications MNH Inc.
En 1929, les collèges classiques, qui sont les seuls institutions qui mènent à l'université et aux professions libérales, font peu de place aux sciences [la science, instrument de la modernité, n'est pas compatible avec la religion]. Dans les collèges classiques les garçons sont fortement majoritaires, puisque seulement deux collèges sont réservés aux filles.
L'instruction est assez réduite : on peut apprendre à lire, à
écrire et à compter mais c'est à peu près tout. De toutes
façons, il n'y a pas d'imprimerie en Nouvelle-France (cela est interdit), les manuels scolaires sont importés et beaucoup d'élèves apprennent grâce aux livres de prières, puisque l'école met surtout l'accent sur la formation du chrétien.
Le recensement fédéral de 1891 révèle que c'est chez les
canadiens français qui comptent le plus d'illettrés.
Le clergé est contre l'école obligatoire parce que pour eux c'est le début de l'école "athée".
En 1951 le Comité catholique fait une étude qui leur révèle que
l'enseignement n'a pas fait de progrès substantiel chez les catholiques au 20e siècle. En 1900-1901, les élèves inscrits représentent 20% de la population et en 1950-1951, 21%. Sur 100 élèves inscrits au primaire, seulement deux persévèrent jusqu'à la 12e année.
En 1916, T.D. Bouchard était le principal défenseur de l'enseignement obligatoire.
Le Comité catholique accepte enfin, 30 ans après le Comité protestant, le principe de l'instruction obligatoire. L'école devient obligatoire pour les moins de 14 ans en 1946 sous le gouvernement d'Adélard Godbout.
Dates d'adoption de l'instruction obligatoire:
En 1901, les écoles protestantes offrent une 11e année.
En 1923, des cours d'agriculture sont obligatoires pour tous les enfants à partir de la 3e année, de même que l'enseignement ménager pour les filles.
Dans les premières décennies du 19e siècle, seules quelques
milliers de personnes savent lire et écrire ! Refusant l'assimilation, nous avons refusé l'école anglaise et ne parviendrons à nous doter d'un système scolaire français digne de ce nom qu'après un interminable purgatoire.
Ontario ...............: 1870
Québec protestant: 1916
Québec catholique: 1946
En 1905, les écoles catholiques n'offrent qu'une 8e année.