Même si, au Canada, le régime britannique a apporté certaines améliorations par rapport au régime français, il n'y a rien de positif dans la violence et la destruction qui ont accompagné la Conquête de 1760.
CHAPITRE 11: LA CONQUÊTE DE 1760 A EU AUSSI SES AVANTAGES
Les Britanniques ont simplifié l'administration de la fonction publique, la rendant moins coûteuse.
Sous le nouveau régime, les Canadiens n'étaient plus obligés de demander des permissions pour avoir le droit de présenter des pétitions ou délégations aux gouvernants.
Le petit peuple français de 70,000 à 80,000 habitants qui jusque là avait vécu isolé du million d'anglophones qui les entouraient pouvaient dorénavant faire du commerce avec l'Empire britannique et les colonies américaines (ce qui leur était interdit sous l'ancien régime) au lieu de se limiter à la France et les Antilles françaises.
En 1763, l'Angleterre a établi un service de poste régulier au Canada.
En 1763, le service militaire est devenu facultatif, et les miliciens étaient vêtus et nourris par l'État en plus d'être payés. Sous l'ancien régime, le service militaire était obligatoire et sans rémunération.
Les conquis ont pu garder leurs propres lois civiles, mais leurs lois criminelles ont été remplacées par celles des conquérants en 1764. Sous le Régime français, un accusé était coupable jusqu'à preuve du contraire, et c'était à lui de prouver son innocence. Les quelques avocats venus de la France n'avaient pas le droit de pratiquer leur profession en Nouvelle-France.
À une certaine époque (17e-18e siècles), ce système d'injustice devait être profitable au roi de France puisque les hommes jugés coupables de certains crimes (à tort ou à raison) pouvaient être condamnés aux galères du roi pendant plusieurs années. Sous le nouveau régime, l'accusé était assisté d'un avocat, et c'était à la Couronne de prouver sa culpabilité. De plus, les Britanniques ont aboli la torture qui était pratiquée par les canadiens-français pour obtenir des aveux des accusés. Ces tortures pouvaient aller jusqu'au bris des membres.
Sous le Régime français, l'Église avait interdit à ses ouailles de faire des prêts à intérêts. C'était un "péché
mortel" pour lequel le curé refusait l'absolution.
Aujourd'hui, ça nous fait rire, mais à cette époque-là, la plupart des colons étaient croyants, et ils pensaient que sans cette absolution, ils brûleraient en Enfer pendant l'éternité. Sous le nouveau régime, le prêt à intérêt est devenu légal en autant que le taux d'intérêt ne
dépassait pas 6%.
Les agriculteurs ont pu améliorer leurs récoltes grâce aux meilleures méthodes et équipements qu'utilisaient les Anglais. Les colons avaient l'habitude de jeter le fumier à la rivière au lieu de l'utiliser pour fertiliser leurs terres, et ils ne faisaient pas de rotation de cultures.
Les Français ont pu améliorer la qualité de leur bétail en
croisant leurs bêtes avec celles des Anglais.
Avant la Conquête, les colons n'avaient pas droit à l'imprimerie. Les deux premiers imprimeurs à s'installer ici sont venus des États-Unis. La première gazette à être imprimée au Canada, la Gazette de Québec, a été publiée en 1764; le premier livre, un catéchisme, a été imprimé en 1765.
Sous le Régime français la femme atteignait l'âge de la
majorité à 25 ans, et l'homme à 30 ans. Avant d'avoir atteint cet âge, les jeunes n'avaient pas le droit de choisir leur conjoint eux-mêmes. La plupart des mariages étaient arrangés par les parents. Sous le nouveau régime, les jeunes devenaient majeurs et libres de faire leurs propres choix à 21 ans.
Sous le Régime français, il n'y avait pas de bibliothèque
publique. En 1778 [ou 1779], on en a obtenu une à Québec - une bibliothèque bilingue qui a échappé à la censure de l'Église catholique.
L'Église catholique interdisait aux colons de manger de la viande environ 150 jours par année. En 1670, un curé a su qu'un homme avait mangé de la viande un jour où c'était interdit. Le curé l'a dénoncé à
l'évêque, et l'évêque a contacté son bras séculier pour que l'homme soit puni. L'État, le bras séculier de la secte catholique, a obligé le pauvre homme à payer une amende de 25 livres, le tiers d'une
année de salaire.
Si les curés auraient dénoncé leurs
confrères pédophiles avec autant de zèle qu'ils dénonçaient
les laïques qui mangeaient du porc, les autorités civiles auraient pu empêcher plusieurs récidives. Sous le nouveau régime, une dizaine de jours "maigre" ont été abolis. En 1844, environ 50% de la balance des jours maigres a subi le
même sort.
L'ÉGLISE CATHOLIQUE NE SEMBLE PAS AVOIR TROP SOUFFERT DE LA
CONQUÊTE DE 1760:
Le traité de Paris à garanti la liberté de religion catholique.
Le gouvernement a continué à payer une pension à l'évêque de Québec.
Les curés ont continué à avoir le droit d'imposer des dîmes
à leurs paroissiens.
Les dirigeants protestants ont permis aux Jésuites, qui avaient été expulsés de l'Europe, de demeurer au Canada jusqu'à leur extinction. Le dernier est décédé en 1800.
L'ESCLAVAGE ET LE RACISME
En 1712, pour mettre fin à une guerre avec les Renards (des Amérindiens), les Français auraient transporté les survivants, femmes, enfants, et vieillards dans la vallée du Saint-Laurent pour en faire des esclaves.
En Nouvelle-France, l'esclavage des Amérindiens se pratiquait depuis la première moitié du 17e siècle, mais ce n'est qu'en 1689 que les colons ont obtenu l'autorisation, de Louis XIV, d'importer des esclaves noirs. Vers le milieu du 19e siècle, quand tous les esclaves ont été libérés, la plupart
semble avoir été laissés à eux-mêmes.
L'abolition de l'esclavage n'a pas éliminé tout le racisme. Selon l'auteur, "Groulx [Lionel Groulx (1878 - 1967)] aurait voulu une colonie de race blanche" au Québec. [page 91]
Qu'un membre d'une secte religieuse aie eu une mentalité sectaire (intolérant envers ceux qui ne partagent pas ses idées ou sa culture) ne m'étonne pas.
LES ÉCOLES MIXTES
L'Église catholique était contre les écoles mixtes alors que les
Britanniques eux n'y voyaient aucun inconvénient. Les curés catholiques menaçaient de refuser l'absolution aux parents qui envoyaient leurs enfants dans les écoles mixtes (anglaises protestantes). Qu'est-ce qui leur faisait le plus peur ? La
mixité ou le protestantisme ??
LA DÉPORTATION DES HABITANTS
En 1746, avant la déportation des Acadiens par les Britanniques (1755), la France aurait menacé de déporter dans les colonies anglaises les Acadiens qui refuseraient de devenir sujets français.
"Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre."