L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE N'A PAS MIS FIN AU RACISME EN AMÉRIQUE DU NORD

Déclaration du psychiatre québécois, Pierre Mailloux



EXTRAITS DE "L'INTOLÉRANCE"
Par Lise Noël, 1989


L'auteure explique pourquoi et comment les oppresseurs ont programmé les oppressés à se sentir inférieurs.

Pour justifier l'oppression des dominés, les dominants les ont déclarés inférieurs.

"[Saint] Augustin et [Saint] Thomas d'Aquin verront même, dans cette institution, [l'esclavage] une forme d'expiation du péché voulue par Dieu, le second inscrivant en outre l'esclavage dans l'ordre de la nature. "

"Examinées avec un oeil plus critique, les 'lois naturelles' finissent souvent par apparaître pour ce qu'elles sont vraiment: des constructions théoriques, cautionnées par les groupes mêmes dont elles servent les privilèges."

Les racistes inventent la "science raciale".

"Que la science raciale, par exemple, soit née au 19ième siècle n'est pas l'effet du hasard. C'est le siècle de l'impérialisme, de l'accroissement des rivalités nationales en Europe même et de la contestation de l'esclavage dans le Nouveau Monde (Stepan, 1982, x), qui commandait de fonder l'idée de la supériorité des pouvoirs ascendants, celui des Blancs en général, et des populations nordiques ou germaniques en particulier."

Le but des recherches dites scientifiques a souvent été de chercher des moyens de justifier des préjugés plutôt que de connaître la vérité.

"La tendance des experts à vouloir chercher des différences entre les diverses catégories d'êtres humains paraît déjà curieuse. Mais le type de groupes choisis pour effectuer les comparaisons trahit souvent, de leur part, des préoccupations autres que scientifiques, tenant souvent de la volonté de conserver au groupe dominant des privilèges qu'il craint de perdre ou qu'il souhaite justifier."

Des spécialistes font dire ce qu'ils veulent aux résultats des études dites scientifiques.

"Une caractéristique qui serait normalement considérée comme une qualité sera, en effet, réinterprétée par le scientifique au détriment du groupe dominé chez lequel il en aura constaté la présence. C'est ainsi qu'après avoir noté un degré plus grand de rapidité de la perception sensorielle chez les Amérindiens, un psychologue de la fin du siècle dernier concluait à la supériorité... des Blancs: de moins rapides qu'ils avaient commencé par être d'abord, ceux-ci devenaient, sous la plume bienveillante du "chercheur", plus délicats et plus enclins à la réflexion que les premiers (Berry et Tischler, 1978, 63). Un même type de jugement a été porté sur les femmes, au début de la décennie 1920: se rendant compte de la vitesse avec laquelle celles-ci apprenaient les langues étrangères, un linguiste voyait dans ce phénomène une autre preuve de leur inaptitude à la réflexion (dans Yaguello, 1978, 58). Encore dans les années 1950, un généticien, remarquant la taille plus petite du chromosome sexuel Y (porteur du déterminant masculin) par rapport au chromosome X (responsable des facteurs féminins), tirait de l'apparence 'incomplète' du premier la preuve d'une 'plus grande créativité' chez l'homme... (Janssen-Jurreit, 1982, 188)."

"Constatant, par exemple, que les filles semblent remporter à l'école des succès supérieurs à ceux des garçons, un psychiatre albertain a une explication neurologique toute prête: 'Le système scolaire, centré sur l'activité verbale et l'analyse des détails, favorise le mode de fonctionnement du cerveau féminin. On ne doit pas s'étonner de retrouver 90% des troubles d'apprentissage graves chez les garçons, qui forment par la suite la grande majorité des drop out scolaires.' Voir décrochage scolaire

Le système scolaire ayant été conçu, dans sa presque-totalité, sous la direction de fonctionnaires masculins, on est en droit de s'étonner que ces derniers se soient employés à stimuler à ce point le fonctionnement du cerveau du sexe opposé"

"Ce n'est que petit à petit que l'opprimé comprendra qu'il ne peut pas gagner à un jeu dont les règles sont établies de telle sorte qu'elles risquent de changer dès qu'elles paraissent l'avantager."

Conséquences des études "scientifiques"

"Ce n'est qu'avec la Garde nationale que les premiers Noirs ont pu commencer à avoir accès aux universités du sud des États-Unis, au début des années 1960. Car il avait longtemps été 'écrit dans le dictionnaire' que la race noire était intrinsèquement inférieure. 'Mentalement, le Nègre est inférieur au Blanc', disait l'Encyclopedia Britannica, en 1911 (dans Hoffmann, 1973, 6). Il appartient à une race 'qui ne remplit jamais qu'un rôle secondaire sur ce globe', tranchait déjà, à la fin du 19ième siècle, le Dictionnaire national de la langue française de Beschelle, et le Larousse complet illustré décrivait, en 1896, la race noire comme 'inférieure en intelligence à la race blanche' (dans Pirotte, 1982, 83-85)."

"Les Autochtones américains ne furent reconnus citoyens qu'en 1934 et dans le cas des Noirs occidentaux, c'est le statut même de 'personnes', et non seulement celui de citoyens, qui continuera de leur être dénié."



DÉCLARATION DU PSYCHIATRE QUÉBÉCOIS
PIERRE MAILLOUX


Si vous avez écouté l'émission Tout le monde en parle du 25/9/2005, vous avez sûrement entendu le célèbre psy dire que les Amérindiens et les Noirs ont "un QI moyen nettement inférieur à 100" en raison d'une "sélection artificielle": selon le psy, les moins brillants des esclaves se reproduisaient plus que les autres parce que les maîtres d'esclaves étaient plus portés à tuer les esclaves qui étaient plus intelligents et rusés.

Il dit que sa déclaration à l'effet que les Noirs et les Autochtones seraient intellectuellement inférieurs aux autres ethnies est basée sur une étude américaine faite en 1994 [ou 1993] par l'université Havard. Le rapport de cette étude est supposément encore utilisé à l'Université de Montréal (Qc) par le prof Serge Larrivé en psycho-éducation comme base d'enseignement. À la radio, j'ai entendu ce prof dire que les tests d'intelligence et leurs résultats n'étaient pas biaisés, et que les Amérindiens et les Noirs sont réellement inférieurs, et que ce serait en raison de leur génétique et de l'environnement dans lequel ils ont grandi.


28/9/2005