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AVANT-PROPOS

CANADA - Pardon le monde ! S. V. P. : ne pas nous juger selon l'image que réflète le premier ministre du Canada, Jean Chrétien ... NOUS NE SOMMES PAS TOUS COMME LUI !!! Nous sommes tout de même un "pays" démocratique vibrant d'une volonté respectueuse des droits de l'Homme. Contre toute forme de violence ! Pour la Paix Globale ! Contre la domination des capitalistes qui "sautent à la gorge" du petit peuple ! Pour la prise en charge du peuple par la démocratie participative !

P.S.: L'affaire n'aura pas duré une semaine dans les médias. Comme si on était très mal à l'aise avec ça ... L'internet me permet ici de me faire un plaisir de vous présenter une revue de presse à ce sujet !

Le premier ministre Jean Chrétien, empoigne un manifestant à la gorge !

Chrétien vs Clennett


Tiré de: La Tribune, Sherbrooke, vendredi 16 février 1996

Huguette YOUNG - Hull (PC) -
Le premier ministre Jean Chrétien a pris un manifestant à la gorge lorsqu'il a essayé de se frayer un chemin en quittant l'estrade hier au Parc Jacques-Cartier à Hull où il prononçait un discours à l'occasion du Jour du drapeau canadien.

M. Chrétien et la ministre du Patrimoine canadien Sheila Copps ont dû élever la voix, leur discours étant interrompus par une trentaine de manifestants bruyants qui sonnaient des cloches et scandaient des slogans.

En quittant l'estrade, M. Chrétien s'est retrouvé devant Bill Clennett, un militant hullois pour la cause de pauvres.

Se trouvant coincé, M. Chrétien l'a pris à la gorge avec ses deux mains et l'a secoué brusquement en serrant les dents avant de le remettre à la GRC.

Les agents de la GRC ont ensuite poussé Clennett par terre.

Par la suite, M. Clennett a expliqué qu'il était là pour protester contre les "coupures éhontés" au régime de l'assurance chômage. Il s'est approché de M. Chrétien sans vouloir le bousculer, a-t-il précisé hier aux journalistes, encore sous le coup de l'émotion.

Ébranlé par l'affaire, M. Chrétien a par la suite expliqué brièvement aux journalistes qu'il ne savait pas exactement ce qui s'était passé.

"Je ne sais pas ce qui s'est passé. Je ne sais pas, vous ne le savez pas. Les caméras tournaient. Il y avait des gens qui se sont mis dans mon chemin, je devais avancer. Alors quand vous êtes dans mon chemin, j'avance. Je ne sais pas ce qui s'est passé".

Mme Copps n'a pas apprécié d'être huée et impute l'incident aux séparatistes.

Le bureau du premier ministre a essayé de minimiser l'incident en disant qui M. Chrétien avait essayé de se défendre.

"C'est la faute de fiers-à-bras syndicaux", a soutenu Peter Donolo le chef de communication de M. Chrétien malgré que Clennett soit plutôt frêle. (... près d'une tête plus petit que Jean Chrétien - voir photo ...)

En fin de journée hier la GRC a soutenu que le premier ministre Jean Chrétien était bien protégé par ses agents et que M. Clennett ne représentait pas une menace.

Les compte-rendus télévisés de l'incident ont secoué les milieux politiques et syndicaux.

"Non seulement le premier ministre a-t-il perdu le contrôle de son cabinet mais il a perdu le contrôle de lui-même" s'est exclamé Michel Gauthier, candidat à la direction du Bloc québécois.

Pour sa rivale Francine Lalonde, Jean Chrétien doit tout simplement démissionner pour avoir posé un "geste de violence (...) indigne d'un premier ministre".

M. Clennett milite au sein de la FTQ. Les syndicats ont donc vivement réagi.

Le président de la FTQ Clément Godbout a fait savoir que M. Chrétien avait fait preuve de "brutalité et de sauvagerie".

"M. Chrétien a complètement perdu les pédales et c'est là un comportement absolument inqualifiable pour un premier ministre du Canada (...) M. Chrétien n'a peut-être plus les qualités requises pour assumer les fonctions du premier ministre du Canada".


Tiré de: La Tribune, Sherbrooke, samedi 17 février 1996

Bill Clennett, l'homme que le premier ministre Jean Chrétien a pris à la gorge avec ses deux mains, a subi les foudres de plusieurs politiciens (fédéralistes) qui ont jugé que le chef du gouvernement avait bien agi dans les circonstances.

Selon le député libéral torontois John Nunziata, M. Clennett a eu "ce qu'il méritait". "Le premier ministre a bien agi. Dans mon cas, je lui aurais donné un coup de poing sur la figure. De toute évidence, les manifestants étaient des séparatistes. Ils étaient en train de chambarder ce que je considère un événement presque sacré, la cérémonie du drapeau, et je n'accepte pas qu'ils aient le droit de parole. Ils ont le droit de protester mais au bon endroit et au bon moment".


Tiré de: La Tribune, Sherbrooke, samedi 17 février 1996

L'image de la ville de Hull a été ternie dans le monde entier par "ce crotté" de Bill Clennett, a dénoncé hier le député provincial de Hull, Robert LeSage.

"Je l'aurais étouffé si j'avais été à la place de Jean Chrétien. Que ce gars-là ne se mette jamais dans mes jambes parce qu'il va décoller...", a lancé le député lors d'une entrevue téléphonique avec le quotidien Le Droit.

"Nous prenons la démocratie pour acquis en Amérique du Nord. Et ça va nous jouer des tours. C'est ça qui nous arrive présentement: on ne respecte plus rien ni personne et c'est dangeureux. Si les gouvernements ne font pas quelque chose pour mettre les gens au pas, ça va revirer mal", a-t-il avancé.

Pour sa part, le sénateur Jean-Claude Rivest a vu dans l'incident de Hull un exemple "de la tradition d'affrontement et de fermeture du Parti libéral du Canada envers le Québec". "Depuis deux mois, ce qui m'agace le plus, c'est que le simple fait d'être du Québec et de s'opposer à la réforme de l'assurance-chômage par exemple, ou la réforme des programmes sociaux, suffit pour se faire traiter de séparatiste", a-t-il soutenu.


Tiré d'un peu tous les médias, samedi 17 février 1996


Tiré de: Le Journal de Montréal, mardi 20 février 1996

OTTAWA - Alors que des millions de téléspectateurs l'ont vu saisir, de ses deux mains, la gorge d'un manifestant pacifique qui n'entravait nullement sa route, le premier ministre Jean Chrétien blâme la GRC pour son manque de sécurité et justifie son geste de jeudi dernier par la présence devant lui "d'une personne qui ne le laissait pas passer". M. Chrétien a qualifié M. Clennett de "poids léger" et s'est dit content de ne pas l'avoir blessé, oubliant au passage que le quidam avait perdu une dent pendant la bousculade.

Quelques minutes après la bousculade, M. Chrétien avait déclaré ne pas avoir été impressionné par les quelques 30 manifestants et ajouté que "s'il est arrivé quelque chose, c'est qu'il (Bill Clennett) n'aurait pas dû se trouver là". La vice-première ministre Sheila Copps avait pour sa part expliqué que les manifestants étaient "des séparatistes déguisés en chômeurs et qu'ils avaient bousculé des enfants".


Tiré de: La Presse, Montréal, mercredi 21 février 1996

Huguette YOUNG - Hull (PC) -
Bill Clennett, le manifestant empoigné par le premier ministre Jean Chrétien lors d'une manifestation jeudi dernier à Hull, lui pardonne son geste, mais ne lui pardonnera jamais les coupes qu'il fait à l'assurance-chômage.

"Sur le plan personnel, je lui pardonne ce qu'il a fait. Mais je ne lui pardonnerai jamais, ni personne dans notre groupe, ce qu'il est en train de faire à l'assurance-chômage", a-t-il lancé.

Au cours d'une conférence de presse à Hull, M. Clennett a annoncé qu'il ne portera pas plainte contre M. Chrétien. Il estime que c'est à la police de Hull de faire enquête et de porter des accusations, s'il y a lieu.

Un porte-parole de la force policière de Hull, André Legault, a toutefois précisé hier qu'aucune accusation ne pouvait être portée sans qu'une plainte ne soit déposée par le manifestant.

M. Clennett répond que tout le monde est égal devant la loi. Selon lui, s'il avait pris M. Chrétien à la gorge "tout le monde, même un enfant de 10 ans", aurait conclu à sa culpabilité.

M. Clennett, un militant bien connu de la région de Hull, aurait apprécié que M. Chrétien lui présente des excuses. Selon lui, l'expression sur le visage du premier ministre captée par les caméras de télévision témoignait de vrais sentiments: rage et agressivité.


NON MAIS ÇA S'PEUT-TU !


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