LETTRE #3
Québec, le 31 octobre 1995
Au Premier Ministre du Québec
M. Jacques Parizeau
Monsieur, (Mme Sarrazin...;-)
J'ai lu attentivement l’article dans Le Devoir de Jean-Marc Léger, conseiller en relations internationales, intitulé «La souveraineté comme voie d’accès à l’universel». Il parle de l’ouverture au monde, de la dimension universaliste de notre nationalisme et de la relation entre «la question du statut du Québec et celle de l’avenir des cultures des nations en Occident».
Après la «victoire» du non et votre troublante déclaration (sur le coup :-O) de la réalité ethnique et monétaire de ce non; inspiré du texte de M. Léger et de d’autres substances ( ... ;-) , je ne peux que constater cette réalité avec vous ... mais je me laisse aller jusqu’à croire qu’une part de la responsabilité nous incombe !
Avec un vote de 49,4=OUI et 50,6=non; n’ayant eu pour le OUI qu’environ 60 % de franco-québécois; en plus de l’importance de notre multiculturalisme; incluant le mouvement «dit» plus social, communautaire, décentralisé et environnemental du P.Q. ; ayant rejeté hors du parapluie pour le OUI le Réseau Populaire pour le OUI (dont j'ai signé la plate-forme; pourquoi donc - on votait pour le OUI ???), la campagne référendaire du P.Q. n’a pas rejoint 50,6 % de sa population même si historiquement, après l’élection du Bloc Québécois et du Parti Québécois, le OUI aurait été la suite logique... Tout y était ... ou presque ...
Le lendemain de cette réalité, comme Québécois encore Canadien, je reste «here and now» impliqué dans le mouvement coopératif, communautaire et humanitaire, qu’il soit OUI ou non. J’y suis confronté par vos paroles en regardant la réalité de certains près de la frontière des E.U, mais surtout dans la région montréalaise beaucoup plus pour le non.
Pourquoi cette réalité ? Comment l’actualiser ? Comment embarquer et réconcilier les anglophones, les allophones, les amérindiens et tous les autres, dans un projet de société pour tout ce peuple si diversifié ? Ceux qu’on accueil comme «immigrants» sur notre coin de planète - tout de même assez spacieux - comme voisins, nous constatons que nous n’avons pas su leur partager nos rêves de changement où ils auraient leur mot à dire, où eux aussi pourraient être souverains ...
Des excuses, si vous considérez devoir en faire, serait d'avouer le manque du système actuel à impliquer et à faire une place à ces ethnies (autant que le 40 % de franco-québécois du non) dans ce projet de société qui est à corriger. Loin d’être raciste envers les ethnies, avec un discours plus proche du peuple et moins des finances, peut-être aussi une re-définition de la souveraineté avec sa diversité, tenant compte aussi de l’universalité, se donnant de réels moyens pour rejoindre humainement tous ces gens et apprendre avec eux à communiquer et à coopérer pour redéfinir cette réalité ... C’est à nous de les motiver, de les intégrer et de les inclure dans la construction de ce pays à faire; c'est à nous de s’ouvrir à eux aussitôt que nous les accueillons, par l’éducation que nous leur offrons, par l’exemple de nos convictions, par le partage de nos visions et de nos espérances, impliquant tous ces gens pour que cette richesse multiculturelle se sente concernée.
Vous avez dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas; mais il faut aller plus loin dans notre perception de la réalité et être capable d’y voir notre propre responsabilité et d'y relever le défi proposé.
Le Québec au complet doit dès aujourd’hui, pouvoir se consulter populairement plus souvent
et se prononcer sur son avenir pour arriver à un résultat consensuel, optimal et actualisant ...
« Cette cause qui nous dépasse tous » pourrait éventuellement s'enrichir des mouvements plus sociaux de la gauche, plus près des gens et de la réalité du peuple Québécois, comme celui de qui prône un mouvement environnementaliste et humaniste de coopération planétaire par la démocratie participative.
Je tiens sincèrement à vous remercier, vous et votre gouvernement, pour tout le travail accompli favorisant l’avenir du Québec et son évolution; imaginant votre retrait surprise du monde politique comme stratégique, j’espère juste que la place que vous quittez laissera de l’espace aux jeunes Québécois de toutes origines, ainsi qu’aux regroupements coopératifs, communautaires et populaires pour la création de notre pays: le Québec.
Bien à vous, bonne vacance, espérant que vous trouviez le temps de visiter mon site WWW!
Merci de votre attention;
Pierre Deschambault
pdescham@avenir.qc.ca
NOTRE AVENIR A TOUS
http://www.avenir.qc.ca
PD/pd
RÉPONSE #3
Date: Wed, 13 Dec 1995 17:04:57 -0500
To: pdescham@avenir.qc.ca
From: pm@cex.gouv.qc.ca (Bureau du Premier Ministre)
Subject: Réponse du cabinet du premier ministre du Québec
Québec, le 13 décembre 1995
Monsieur Pierre Deschambault
Internet : pdescham@avenir.qc.ca
Monsieur,
Au nom du premier ministre, monsieur Jacques Parizeau, c'est avec un retard bien involontaire que j'accuse réception du message que vous lui avez fait parvenir le 1er novembre dernier.
Nous avons pris bonne note de son contenu et votre confiance nous touche.
Soyez assuré que nous apprécions votre appui pour faire du Québec un pays libre et fier.
Recevez, cher compatriote, l'expression de nos sentiments les meilleurs.
Danielle Sarrazin,
attachée politique
DS/MR/jfb
À SUIVRE...!