Entête église Sainte-Famille Paroisse du Bon-Pasteur de Sherbrooke
 

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5 septembre, 2007

 

 

Construction | La petite Chapelle | Sigle Ste-Famille | Écoles | Pasteurs | Chorale | Bingo | F.C.S.C.J.

Construction de l'église Sainte-Famille

 

  1-  ANNÉE DE FONDATION (1944-1945) 

     L'augmentation de la population catholique dans la partie est de Sherbrooke, l'éloignement de plusieurs familles de l'église paroissiale du temps (St-Jean-Baptiste ou St-Sacrement) et le désir d'un grand nombre de fidèles de posséder un centre religieux à leur portée ne sont que quelques-uns des facteurs qui amenèrent la fondation de la paroisse Ste-Famille de Sherbrooke.  Celle-ci fut fondée le 28 avril 1944 par Son Excellence Mgr Philippe Desranleau, évêque de Sherbrooke.  Un décret d'érection canonique fut émis ce même jour, spécifiant le découpage de deux paroisses:  St-Jean-Baptiste et St-Sacrement.  Le lendemain, soit le 29 avril 1944, l'abbé Zoël Fréchette, qui était alors aumônier à l'hôpital St-Vincent-de-Paul, fut nommé curé-fondateur de la paroisse Ste-Famille.


L'ouverture de la chapelle temporaire

      Bien que la paroisse fut fondée en avril, l'ouverture de la chapelle temporaire se fit seulement le 18 mai 1944.  À ses débuts des plus modestes, la paroisse Ste-Famille – comme la sainte famille de Bethléem où Jésus naissait dans une étable – trouva d'abord un gîte dans un bâtiment du terrain de l'Exposition.  Cet abri des plus rudimentaires permettait d'accueillir 500 personnes assises.  À cette époque, la paroisse comptait 400 familles.  On en dénombre au-delà de 2700 aujourd'hui. 

      L'ouverture officielle de la chapelle temporaire, qui avait lieu à l'occasion de la Fête de l'Ascension de Notre-Seigneur, fut marquée par deux messes célébrées par le curé ainsi que deux autres par l'abbé Elzéar Brouillard du Séminaire St-Charles, premier vicaire dominical.                 

     En attendant que la chorale de la paroisse soit formée, les Frères du Sacré-Cœur de la paroisse St-Jean-Baptiste furent chargés de chanter à la grand-messe et le Révérend Frère Alfred du Sacré-Cœur s'occupait des servants de messe et M. J. Henri Lefebvre agissait temporairement comme sacristain.  

     Quelques jours plus tard, le 21 mai 1944, on élisait les premiers marguilliers:  MM. Olivier Archambault, Jean Lecours, Charles Quintal, Délia Duplessis, Louis Richard et Alfred Landry.

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Les travaux de construction

     Durant ces années, le Canada était en guerre.  Tout le pays était donc soumis au rationnement, même pour les matériaux de construction.  Pour être autorisé à bâtir, on devait donc recevoir l'appui du gouvernement fédéral.  C'est pourquoi le 28 juin 1944, le curé Zoël Fréchette rencontra à Montréal l'Honorable Louis St-Laurent, ministre de la Justice à Ottawa, qui donna le feu vert au projet de construction des édifices religieux de la paroisse.

     Le 8 juillet 1944 marque l'arrivée du premier vicaire, Lorenzo Quirion.  La visite de la paroisse par le curé Fréchette, qui voulait faire connaissance avec ses paroissiens, commença le 17 juillet 1944.  Mais à partir du 31 juillet, un voyage à Ottawa en vue d'obtenir les permis de construction l'obligea à remettre ses visites paroissiales à plus tard.  Il ne recommencera ses visites que le 3 septembre 1944.

     Le 13 août 1944, les plans requis par le régisseur MacKenzie à Ottawa et présentés par l'architecte Audet de Sherbrooke furent acceptés.  Ce sont les terrains situés en face de chez M. Archambault (coin 7e avenue et Papineau)  qui furent choisis comme futur site des édifices religieux de la paroisse Ste-Famille.  On demanda aux propriétaires des terrains de faire enlever la vieille maison qui s'y trouvait.

     Les travaux de construction commencèrent le 15 août 1944, Jour de l'Assomption.  Le curé Fréchette se rendit sur le terrain de la future église pour bénir les lieux et mettre la nouvelle construction sous la protection de la Sainte Vierge.  On procéda ensuite à la cérémonie d'inauguration en enlevant la première pelletée de terre.

     En novembre, les entrepreneurs, MM. Roberge et Fils, avaient épuisés les 30 000,00$ prévus pour la construction de l'église.  Une visite de Mgr Zacharie Letendre, vicaire général, fit avancer le projet.  Sachant qu'ils étaient en difficultés, Mgr Letendre dit au curé Fréchette:  "Moi, je n'ai jamais vu cela, une église sans toit...Convoquez une assemblée des Marguilliers et des paroissiens et demandez une addition de quelque 50 000,00$ pour finir la couverture et les autres travaux urgents."  La résolution fut votée à l'unanimité.

 ( Décret de construction )

     Le 24 septembre 1944, Mgr l'Évêque de Sherbrooke procéda à la bénédiction de la cloche de la chapelle du Sacré-cœur de Beauvoir, qui faisait partie à cette époque de la paroisse Ste-Famille.  C'est avec joie que les paroissiens de Ste-Famille assistèrent à cette cérémonie.

      Jusqu'à cette date, les prêtres de la cure demeuraient à l'hôpital St-Vincent-de-Paul.  L'ouverture d'un presbytère temporaire s'avérait de plus en plus nécessaire et, le 16 octobre 1944, ils emménagèrent au 26 de la rue Belmont (aujourd'hui la rue King Est).  Mlle Valéda Roy fut embauchée comme ménagère pour s'occuper du presbytère.

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La première messe dans la nouvelle église (le soubassement)

     Une première messe fut chantée dans la nouvelle église par le curé Zoël Fréchette le 8 décembre 1944.  On pouvait lire à ce sujet, dans le journal La Tribune du 9 décembre 1944:  "Hier matin, en la fête de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse vierge Marie, le curé de la paroisse Ste-Famille, l'abbé Zoël Fréchette, célébrait pour la première fois la messe dans la nouvelle glise de cette paroisse, à l'angle des rues King Est (aujourd'hui Papineau) et 7e avenue. (...) À plusieurs reprises, le curé Fréchette avait dit à ses paroissiens qu'il comptait célébrer la première messe dans la nouvelle église le jour de la fête de l'Immaculée Conception.  Son désir s'est réalisé mais l'encombrement du sous-sol et l'atmosphère d'humidité qui y régnait ont empêché les paroissiens d'assister en grand nombre à cette première messe dans leur nouvelle église."

     Cet article de journal souligne également que le système ce chauffage n'avait pas encore été installé et que seulement une trentaine de personnes ont assisté à l'office dominical en comptant les vicaires et les marguilliers.

     L'avant-veille de Noël , soit le 23 décembre 1944, un événement réjouissant survint à la paroisse:  on transporta le mobilier de la chapelle temporaire du terrain de l'Exposition dans la nouvelle église, soit plus précisément dans le nouveau soubassement servant d'église temporaire.  Le soubassement n'était pas terminé, mais on se dépêcha de le nettoyer afin d'installer les chaises dans la nef et de préparer un autel temporaire dans le chœur.  Pour chauffer, en attendant que le chauffage soit prêt, on installa les petites fournaises qu'on utilisait dans l'ancienne chapelle.

     La première grand-messe dans le soubassement eut lieu le 24 décembre 1944 à 10h00.  Le curé Fréchette chanta par la suite la messe de minuit et la messe de l'aurore.  Au chœur de chants, "La Petite Maîtrise" s'exécuta pour la première fois en alternant avec la Chorale des hommes.  Les places de bancs avaient été vendues à l'avance pour la messe de minuit et on y compta environ 1000 personnes, dont 770 personnes assises.

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Un tirage et des soirées de bingo au profit de la paroisse

     À la suite d'une initiative du Comité du bingo, des billets pour un tirage de 200 $ furent vendus au profit de la paroisse pendant le carême de 1945.  Le tirage eut lieu à la soirée hebdomadaire du bingo et rapporta un profit net de 756,84 $.  Le bingo lui-même rapporta ce soir-là un profit net de 149,63 $.  Rappelons que la première soirée de bingo au profit de la paroisse eut lieu le 7 octobre 1944 à la salle St-Jean-Baptiste chez les frères du Sacré-Coeur.  L'assistance se chiffrait à 215 personnes et le profit net fut de 65,07 $.

Premières funérailles et premier mariage

     M. le curé Fréchette officia une première messe de funérailles dans la nouvelle église le 25 avril 1945.  Il s'agissait de M. Jean-Baptiste Marchand.  Le lendemain, soit le 26 avril 1945, le vicaire, l'abbé Lorenzo Quirion, chanta la première messe de mariage unissant Armand Thibodeau à Odélie Houle.  Jusqu'ici, les funérailles et les mariages avaient lieu à la cathédrale St-Michel, excepté au début de la paroisse où ils se firent à la chapelle temporaire située sur le terrain de l'Exposition.

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 2-  ANNÉES D' ORGANISATION (1945-1955)

     Le 28 avril 1945, c'était le premier anniversaire de la Fondation de la paroisse.  En lisant la chronique de la paroisse à cette date, nous nous attendions à ce qu'on relate une fête d'anniversaire fracassante, solennelle!  À la place, on y lit un compte rendu détaillé des travaux de finition:  "L'ornementation se complète assez rapidement maintenant.  À ce jour, nous pouvons voir sur place les autels liturgiques nouveaux, les draperies, les statues, les confessionnaux.  Aujourd'hui, on apporte 32 bancs à l'église.  Les autres seront prêts dans quelques jours pour se chiffrer à 100 bancs (600 places).  Le presbytère n'est pas encore terminé.  L'extérieur est fait, sauf la finition des galeries.  À l'intérieur, il y a encore un peu de choses à faire comme les escaliers, la peinture et le vernis.  Mais, étant donné le petit nombre d'hommes (deux ou trois) qui y travaillent actuellement, le presbytère ne sera pas prêt à être habité avant assez longtemps."

     Cette dernière réflexion est plutôt pessimiste.  Sauf qu'en moins de deux mois, soit le 11 juin 1945, le presbytère et le soubassement sont complètement terminés.  Il ne reste que les terrasses et les trottoirs à compléter.

     Le 23 décembre 1945, on décida de fonder la Caisse Dotation Ste-Famille pour aider à payer la dette de la Fabrique.


Bénédiction de l'église (soubassement) et presbytère

     C'est le 5 mai 1946 qu'eut lieu la bénédiction de l'église et du presbytère par Mgr l'évêque.  Les Révérends Pères Audet et Lecompte de St-Sacrement de Sherbrooke étaient également présents.  La Ville de Sherbrooke eut soin de planter des pins tout autour du terrain de la Fabrique la veille de la cérémonie.

     Le 10 décembre 1947, la communauté des Sœurs de Ste-Jeanne d'Arc envoya trois de ses religieuses à la paroisse afin qu'elles puissent consacrer leur vie au service spirituel et temporel des prêtres et à la tenue du presbytère.  C'est le premier poste qui leur fut confié dans le diocèse de Sherbrooke.


La paroisse se divise

     Dans les années qui suivirent, la paroisse se fractionna.  En 1948 on laissa aller 290 familles pour fonder la paroisse Coeur-Immaculée;  en 1950, on donna 450 familles pour fonder la paroisse Assomption; et, en 1953, on en donna 109 pour fonder la paroisse Sacré-Coeur de Beauvoir.

     Le 10 janvier 1954, la Fabrique acheta 300 chaises pour meubler la salle du collège Ste-Famille, surnommé École Laporte, et pour servir également aux organisations paroissiales.

     À la date du 20 décembre 1954, on peut lire dans la chronique de la paroisse qu'on projette de construire un jour une église.  On envisageait en fait d'achever l'église parce que le soubassement ne suffisait plus à la demande.  M. Alphonse Bélanger fut mandaté pour préparer des plans.

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 3-  ANNÉES DE CONSOLIDATION (1955-1967)

     Le 12 février 1955, M. Alphonse Bélanger, architecte, proposa un projet pour les futurs plans de l'église.  Bien qu'il fut très bien aménagé, le sous-sol ne suffisait plus à loger tout le monde, surtout lors des messes de 8h00 et de 11h00.  Mais le curé se demanda si c'était bien le temps de construire:  "Tout est si cher...et qu'est-ce que l'avenir nous réserve...sur le plan international, financier et religieux?"  D'autre part , la paroisse avaient encore des dettes considérables totalisant 16 000,00 $  Ce problème de dettes n'empêcha pas l'architecte de proposer, le 3 mars 1955, un deuxième projet de 100 000,00 $

     Le 9 janvier 1956, la Fabrique avait encore des dettes se chiffrant à 7 000,00 $.  Mais la paroisse organisa "l'Heure de Dieu", au grand plaisir de tous les paroissiens, afin d'amasser des fonds pour la construction de la future église.  Le succès dépassa toute attente.  La première tournée de la collecte à domicile, faite par les membres de la Garde paroissiale, rapporta 1 165,00 $.  Le 8 avril suivant, le curé annonça en chaire que la dette était éteinte: "7 000,00 $ en trois mois!  Bravo les paroissiens de Ste-Famille!"

     En 1962, ce fut le début d'un nouveau système de quêtes sous-enveloppes.  Chaque dimanche ou jour de fête, le fidèle sera dorénavant appelé à offrir une heure de travail hebdomadaire plutôt que mensuelle.

     Le 30 décembre 1960, une résolution de la Fabrique fut adoptée par tous les francs-tenanciers priant Son Excellence Mgr Georges Cabana, archevêque de Sherbrooke, de bien vouloir accorder aux paroissiens l'autorisation de procéder au parachèvement de leur église.  Le coût approximatif de ce projet de construction est de 357 000,00 $.


Bénédiction des travaux de construction de la nouvelle église

     Le 18 juin 1963, le curé Elphège Boisvert procéda à la levée de la première  pelletée de terre et à la bénédiction des travaux de construction de la nouvelle église.  On peut lire dans le journal La Tribune du 19 juin 1963 ce que le curé Elphège Boisvert a dit à ses paroissiens le jour de cette première pelletée de terre:  "Lorsque la construction de l'église Ste-Famille sera terminée, la deuxième fille de St-Jean-Baptiste sera de nature à rivaliser avec la mère,"  Il voulait leur rappeler qu'avant la construction de l'église actuelle et de l'église St-Sacrement, les paroissiens de Ste-Famille étaient rattachés à la paroisse St-Jean-Baptiste.

     Le 25 décembre 1963, la messe de minuit eut lieu encore une fois dans le soubassement.  Tous espérèrent que ce fût pour la dernière fois.

    Au mois d'août de la même année, beaucoup de curieux visitèrent l'église en construction.  Le 11 août, on monta des bancs dans la nouvelle église.  Le 14 août, on termina de placer tout le mobilier.  Des filles de 10e année nettoyèrent les lieux.  L'église était très belle même s'il manquait encore l'autel, la balustrade, les ambons, le chemin de croix, et bien d'autres choses.


Premières messes dans la nouvelle église

     Le 15 août 1964, Jour de la Fête de l' Assomption de Marie, la Sainte Vierge a sûrement eu une délicate attention pour la paroisse Ste-Famille puisque les premières messes furent célébrées en cette belle fête de Marie.  À 7h00, l'abbé Fortier, vicaire, célébra la toute première messe.  Et à 7h30, c'était au tour de l'abbé Denis Picard, vicaire dominical.

     Le 16 août 1964, soit le premier dimanche dans la nouvelle église, les foules se firent plus nombreuses qu'à l'ordinaire, surtout pour la messe de 11h00 où il y avait 1500 personnes.  Durant l'après-midi, un grand nombre de visiteurs étrangers admirèrent les couleurs sobres et la grande capacité du nouveau temple attendu depuis 20 ans.

     Finalement, la construction de l'église fut totalement terminée le dernier jour de 1964.  À Noël, les chantres revêtirent comme costume liturgique des aubes blanches pour chanter dans le nouveau chœur.


Bénédiction de la nouvelle église

     Le 7 avril 1965, une trentaine de paroissiens se réunirent au sous-sol de l'église pour préparer les fêtes de la bénédiction de l'église prévues pour le 16 mai.  C'est Son Excellence Mgr Georges Cabana, archevêque de Sherbrooke, assisté de son secrétaire l'abbé Robert Rouleau, qui procéda à la bénédiction du temple et à la consécration de l'autel principal de la paroisse Ste-Famille le 16 mai 1965.  Le Chanoine Paul Lebrun, supérieur du Grand Séminaire et vicaire urbain, célébra la première messe sur l'autel nouvellement consacré.

     Le 18 décembre 1965 marque la fin de la construction de l'église puisque c'est à cette date qu'on effectua les derniers paiements.  "C'est tout en événement dans l'histoire de la paroisse!", peut-on lire dans la chronique de la paroisse.

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