1- ANNÉE DE FONDATION (1944-1945)
L'augmentation de la population catholique dans la partie
est de Sherbrooke, l'éloignement de plusieurs familles de
l'église paroissiale du temps (St-Jean-Baptiste ou St-Sacrement)
et le désir d'un grand nombre de fidèles de posséder un
centre religieux à leur portée ne sont que quelques-uns
des facteurs qui amenèrent la fondation de la paroisse Ste-Famille
de Sherbrooke. Celle-ci
fut fondée le 28 avril 1944 par Son Excellence Mgr Philippe
Desranleau, évêque de Sherbrooke.
Un décret d'érection canonique fut émis ce même jour, spécifiant
le découpage de deux paroisses: St-Jean-Baptiste et
St-Sacrement. Le lendemain, soit le 29 avril
1944, l'abbé Zoël Fréchette, qui était alors aumônier à
l'hôpital St-Vincent-de-Paul, fut nommé curé-fondateur de
la paroisse Ste-Famille.
Bien que la paroisse fut fondée
en avril, l'ouverture de la chapelle temporaire se fit seulement le 18 mai 1944. À ses débuts des plus modestes, la paroisse Ste-Famille
– comme la sainte famille de Bethléem où Jésus naissait
dans une étable – trouva d'abord un gîte dans un bâtiment
du terrain de l'Exposition. Cet abri des plus rudimentaires permettait d'accueillir
500 personnes assises. À cette époque, la paroisse comptait 400 familles. On en dénombre au-delà de 2700 aujourd'hui.
L'ouverture officielle de la chapelle temporaire,
qui avait lieu à l'occasion de la Fête de l'Ascension de
Notre-Seigneur, fut marquée par deux messes célébrées par
le curé ainsi que deux autres par l'abbé Elzéar Brouillard
du Séminaire St-Charles, premier vicaire dominical.
En attendant que la chorale de la paroisse soit formée,
les Frères du Sacré-Cœur de la paroisse St-Jean-Baptiste
furent chargés de chanter à la grand-messe et le Révérend
Frère Alfred du Sacré-Cœur s'occupait des servants de messe
et M. J. Henri Lefebvre agissait temporairement comme sacristain.
Quelques jours plus tard, le
21 mai 1944, on élisait les premiers marguilliers: MM. Olivier Archambault, Jean Lecours, Charles Quintal,
Délia Duplessis, Louis Richard et Alfred Landry.
 
Les
travaux de construction
Durant ces années, le Canada
était en guerre. Tout
le pays était donc soumis au rationnement, même pour les
matériaux de construction. Pour être autorisé à bâtir, on devait donc recevoir
l'appui du gouvernement fédéral. C'est pourquoi le 28 juin 1944, le curé Zoël Fréchette
rencontra à Montréal l'Honorable Louis St-Laurent, ministre
de la Justice à Ottawa, qui donna le feu vert au projet
de construction des édifices religieux de la paroisse.
Le
8 juillet 1944 marque l'arrivée du premier vicaire, Lorenzo
Quirion. La visite de la paroisse par le curé Fréchette,
qui voulait faire connaissance avec ses paroissiens, commença
le 17 juillet 1944. Mais à partir du 31 juillet, un
voyage à Ottawa en vue d'obtenir les permis de construction
l'obligea à remettre ses visites paroissiales à plus tard.
Il ne recommencera ses visites que le 3 septembre 1944.
Le 13 août 1944, les plans requis par le régisseur MacKenzie
à Ottawa et présentés par l'architecte Audet de Sherbrooke
furent acceptés. Ce sont les terrains situés en face
de chez M. Archambault (coin 7e avenue et Papineau)
qui furent choisis comme futur site des édifices religieux
de la paroisse Ste-Famille. On demanda aux propriétaires
des terrains de faire enlever la vieille maison qui s'y
trouvait.
Les travaux de construction commencèrent le 15 août 1944,
Jour de l'Assomption. Le curé Fréchette se rendit
sur le terrain de la future église pour bénir les lieux
et mettre la nouvelle construction sous la protection de
la Sainte Vierge. On procéda ensuite à la cérémonie
d'inauguration en enlevant la première pelletée de terre.
En novembre, les entrepreneurs, MM. Roberge et Fils, avaient
épuisés les 30 000,00$ prévus pour la construction de l'église.
Une visite de Mgr Zacharie Letendre, vicaire général, fit
avancer le projet. Sachant qu'ils étaient en difficultés,
Mgr Letendre dit au curé Fréchette: "Moi, je
n'ai jamais vu cela, une église sans toit...Convoquez une
assemblée des Marguilliers et des paroissiens et demandez
une addition de quelque 50 000,00$ pour finir la couverture
et les autres travaux urgents." La résolution
fut votée à l'unanimité.
(
Décret de construction )
Le
24 septembre 1944, Mgr l'Évêque de Sherbrooke procéda à
la bénédiction de la cloche de la chapelle du Sacré-cœur
de Beauvoir, qui faisait partie à cette époque de la paroisse
Ste-Famille. C'est avec joie que les paroissiens de
Ste-Famille assistèrent à cette cérémonie.
Jusqu'à cette date, les prêtres de la cure demeuraient à
l'hôpital St-Vincent-de-Paul. L'ouverture d'un presbytère
temporaire s'avérait de plus en plus nécessaire et, le 16
octobre 1944, ils emménagèrent au 26 de la rue Belmont (aujourd'hui
la rue King Est). Mlle Valéda Roy fut embauchée comme
ménagère pour s'occuper du presbytère.
 
La
première messe dans la nouvelle église (le soubassement)
Une première messe fut chantée dans la nouvelle église par
le curé Zoël Fréchette le 8 décembre 1944. On pouvait
lire à ce sujet, dans le journal La Tribune du 9 décembre
1944: "Hier matin, en la fête de l'Immaculée
Conception de la Bienheureuse vierge Marie, le curé de la
paroisse Ste-Famille, l'abbé Zoël Fréchette, célébrait pour
la première fois la messe dans la nouvelle glise de cette
paroisse, à l'angle des rues King Est (aujourd'hui Papineau)
et 7e avenue. (...) À plusieurs reprises, le curé Fréchette
avait dit à ses paroissiens qu'il comptait célébrer la première
messe dans la nouvelle église le jour de la fête de l'Immaculée
Conception. Son désir s'est réalisé mais l'encombrement
du sous-sol et l'atmosphère d'humidité qui y régnait ont
empêché les paroissiens d'assister en grand nombre à cette
première messe dans leur nouvelle église."
Cet article de journal souligne également que le système
ce chauffage n'avait pas encore été installé et que seulement
une trentaine de personnes ont assisté à l'office dominical
en comptant les vicaires et les marguilliers.
L'avant-veille de Noël , soit le 23 décembre 1944, un événement
réjouissant survint à la paroisse: on transporta le
mobilier de la chapelle temporaire du terrain de l'Exposition
dans la nouvelle église, soit plus précisément dans le nouveau
soubassement servant d'église temporaire. Le soubassement
n'était pas terminé, mais on se dépêcha de le nettoyer afin
d'installer les chaises dans la nef et de préparer un autel
temporaire dans le chœur. Pour chauffer, en attendant
que le chauffage soit prêt, on installa les petites fournaises
qu'on utilisait dans l'ancienne chapelle.
La première grand-messe dans le soubassement eut lieu le
24 décembre 1944 à 10h00. Le curé Fréchette chanta
par la suite la messe de minuit et la messe de l'aurore.
Au chœur de chants, "La Petite Maîtrise" s'exécuta
pour la première fois en alternant avec la Chorale des hommes.
Les places de bancs avaient été vendues à l'avance pour
la messe de minuit et on y compta environ 1000 personnes,
dont 770 personnes assises.
 
Un
tirage et des soirées de bingo au profit de la paroisse
À la suite d'une initiative du Comité du bingo, des billets
pour un tirage de 200 $ furent vendus au profit de la paroisse
pendant le carême de 1945. Le tirage eut lieu à la
soirée hebdomadaire du bingo et rapporta un profit net de
756,84 $. Le bingo lui-même rapporta ce soir-là un
profit net de 149,63 $. Rappelons que la première
soirée de bingo au profit de la paroisse eut lieu le 7 octobre
1944 à la salle St-Jean-Baptiste chez les frères du Sacré-Coeur.
L'assistance se chiffrait à 215 personnes et le profit net
fut de 65,07 $.
Premières
funérailles et premier mariage
M. le curé Fréchette officia une première messe de funérailles
dans la nouvelle église le 25 avril 1945. Il s'agissait
de M. Jean-Baptiste Marchand. Le lendemain, soit le
26 avril 1945, le vicaire, l'abbé Lorenzo Quirion, chanta
la première messe de mariage unissant Armand Thibodeau à
Odélie Houle. Jusqu'ici, les funérailles et les mariages
avaient lieu à la cathédrale St-Michel, excepté au début
de la paroisse où ils se firent à la chapelle temporaire
située sur le terrain de l'Exposition. |